15 000 €
C’est le loyer perdu sur une année quand un bureau de 300 m² à 200 €/m²/an met trois mois de plus à se louer à cause d’un mauvais DPE. L’étude Sinteo menée sur 205 actifs de bureaux montre qu’un local bien classé se loue 3 à 4 mois plus vite qu’un local classé F ou G. Le DPE location local commercial n’est plus seulement une formalité : en 2026, il pèse directement sur votre rentabilité locative. Voici ce que la loi exige en 2026, les sanctions qui s’appliquent sur les annonces, et ce que vous pouvez faire si votre local est mal classé.
Quand le DPE location local commercial est-il obligatoire ?
Quand vous louez tout ou partie d’un bâtiment, le DPE est joint au bail lors de sa conclusion. Seuls les baux ruraux et les locations saisonnières y échappent. Dès que le local est proposé à la location, vous tenez le DPE à disposition des candidats. Certains bâtiments sont hors du champ du DPE. C’est le cas d’un bâtiment indépendant de moins de 50 m² de surface de plancher, d’un local sans chauffage ni climatisation. Les lieux de culte, monuments historiques et constructions provisoires aussi. Un petit local situé dans un immeuble plus grand reste donc soumis au DPE.
L’article L.126-29 joint le DPE au bail lors de sa conclusion, sans nommer le renouvellement. Or le code de commerce traite le bail renouvelé comme un nouveau bail (article L.145-12) : son renouvellement peut donc être regardé comme une conclusion. Le Gouvernement lit le texte autrement et propose, dans un projet de loi d’adaptation au droit de l’Union européenne adopté par le Sénat en février 2026, d’ajouter le renouvellement. Tant que la question reste ouverte, joignez un DPE en cours de validité au bail renouvelé. Une simple tacite prolongation, sans nouveau bail, n’appelle pas de nouveau DPE. Le DPE est valable dix ans (article D.126-19) : ceux établis avant le 1er juillet 2021 ont tous expiré. Pour un nouveau bail, vérifiez la date de votre DPE avant de signer.
Le coût du DPE, environ 500 à 1 200 € HT selon la surface et le type de local, ordre de grandeur constaté sur le marché, à confirmer par devis, revient en pratique au bailleur : la loi impose de le joindre au bail sans dire qui le paie. Le bail doit comporter un inventaire précis et limitatif des charges (L.145-40-2) : vérifiez si le DPE y figure. Votre local fait partie d’un bâtiment ou d’un site qui totalise 1 000 m² ou plus de surface tertiaire ? Le décret tertiaire s’ajoute au DPE. Sinon, le DPE reste la seule exigence énergétique au moment de la location.
Afficher les classes énergie et climat sur l’annonce
La classe énergie et la classe climat du DPE figurent sur toute annonce de location d’un local soumis au DPE. En ligne, en vitrine d’agence ou dans la presse. Cette obligation vaut pour les plateformes grand public comme Leboncoin ou SeLoger, mais aussi pour les portails pros comme BureauxLocaux ou Immostreet.
Si l’annonceur est un professionnel, l’oubli expose à une amende administrative : au plus 3 000 € pour une personne physique, 15 000 € pour une société. Un particulier risque au plus 3 000 €, et seulement après une mise en demeure restée sans effet. Une mention « DPE en cours » ou « non communiqué » ne donne pas les deux classes que le texte demande.
Le format dépend du support. Dans la presse, l’annonce écrit les deux lettres, précédées de « classe énergie » et « classe climat ». Elles sont en majuscules, au moins à la taille du texte. En vitrine d’agence ou en ligne, elle montre les deux classements en couleur, sur leurs échelles de A à G. Diag-Tertiaire fournit un pré-diagnostic qui estime votre étiquette, utile pour anticiper le coût d’un mauvais classement avant de lancer les annonces.
Combien un mauvais DPE coûte-t-il au bailleur ?
Trois impacts concrets pèsent sur la rentabilité d’un local mal classé. Le premier est la vacance locative allongée. Sur un bureau de 300 m² à Paris ou Lyon, louer trois mois plus tard représente 10 000 à 20 000 € de loyer perdu. Sur un hôtel de 500 m² à Nice, plutôt 25 000 à 40 000 €. Cette vacance supplémentaire est documentée par Sinteo et par l’Observatoire de l’Immobilier Durable : un DPE F ou G rallonge les délais de location de 40 à 60 % en moyenne sur le tertiaire.
Le deuxième impact est la négociation du loyer. Un mauvais DPE sert d’argument au locataire averti, sans barème reconnu. Sur un loyer de 18 000 €, chaque point concédé coûte 180 € par an, soit 1 620 € sur la durée d’un bail 3-6-9.
Le troisième impact est juridique. Un DPE vierge ou non conforme peut engager la responsabilité contractuelle du bailleur. Le locataire doit alors établir une faute, un préjudice et un lien de causalité entre les deux, et aucun montant ne peut être annoncé d’avance. Le cas typique : un restaurant qui découvre après deux ans que ses factures énergétiques sont 50 % au-dessus du budget annoncé.
Un local F ou G reste louable en 2026
Contrairement au logement, soumis à un calendrier qui retire progressivement de la location les biens classés G, puis F, puis E, un local commercial classé F ou G peut toujours être loué en 2026, quelle que soit sa surface : le niveau de performance minimal de l’article L.173-2 du code de la construction et de l’habitation vise les bâtiments à usage d’habitation. Aucun texte français ne prévoit à ce jour d’étendre cette règle aux locaux professionnels. La directive européenne 2024/1275 demande aux États de fixer des normes minimales pour les bâtiments non résidentiels à partir de 2030 et 2033 ; les seuils français restent à définir.
Pour un bailleur avec un local mal classé, 2026-2027 représente une fenêtre d’action. Les travaux de rénovation énergétique les plus rentables sur un local tertiaire sont l’isolation des combles (3 000 à 8 000 €, payback 5-7 ans), le remplacement de l’éclairage par du LED (1 500 à 5 000 €, payback 2-3 ans), et le remplacement d’un système de chauffage de plus de quinze ans (8 000 à 20 000 €, CEE mobilisables). Le passage d’une classe G à D améliore généralement la valeur locative de 12 à 18 %.
Avant d’engager un bureau d’études à plusieurs milliers d’euros, un pré-diagnostic gratuit via Diag-Tertiaire permet de repérer les deux ou trois actions les plus vite rentabilisées sur votre local. Votre rapport, en ligne par un lien reçu par email, chiffre les économies potentielles et oriente les devis suivants.
Le schéma ci-dessous résume ce qu’un mauvais DPE coûte concrètement à un bailleur de local commercial.
Ce qu'un DPE F ou G coûte au bailleur
Ce qu'un DPE F ou G coûte au bailleur d'un local commercial
Vacance documentée par Sinteo et OID, négociation et risque juridique sans barème
Amende administrative
Annonce sans classes énergie et climat, par un professionnel : au plus 3 000 € (personne physique) ou 15 000 € (personne morale), article L.126-33 du code de la construction.
- Classes énergie et climat obligatoires sur l'annonce : si l'annonceur est un professionnel, jusqu'à 3 000 € d'amende (personne physique) ou 15 000 € (personne morale). En ligne et en agence, les deux classements en couleur ; dans la presse, les deux lettres.
- Vacance allongée et loyer négocié sur un local mal classé : un bureau de 300 m² à Paris ou Lyon perd 10 000 à 20 000 € de loyer en 3 mois de vacance supplémentaire. Chaque point de loyer concédé pèse ensuite sur toute la durée du bail.
- Fenêtre d'action : aucune interdiction de louer un local F ou G n'est prévue en droit français, mais la directive 2024/1275 annonce des normes minimales pour le non résidentiel à partir de 2030. Engager d'abord les 2 ou 3 actions vite rentabilisées (éclairage, isolation des combles, réglage du chauffage) avant que ces normes soient fixées.
Pour aller plus loin
Cet article couvre l’obligation d’affichage et les sanctions sur l’annonce de location. Pour comprendre les sanctions civiles et la clause verte du bail commercial signé, voir obligations et sanctions du bail commercial. Si vous envisagez de vendre plutôt que louer, l’article impact du DPE sur la revente explique ce qu’une étiquette F ou G pèse dans la négociation.