17 %

C’est la baisse mécanique de consommation en énergie primaire affichée sur le DPE d’un local chauffé à l’électricité depuis le 1er janvier 2026. Sans travaux, sans changement d’équipement, juste par une décision administrative : l’arrêté du 13 août 2025 a fait passer le coefficient de conversion de l’électricité de 2,3 à 1,9. Pour les propriétaires de bureaux, commerces et hôtels chauffés à l’électricité, la réforme DPE 2026 ouvre une fenêtre d’opportunité sur la valeur locative et la valeur de revente. Voici ce qui change concrètement, ce qui reste inchangé, et comment utiliser cette fenêtre avant 2028.

Le cœur de la réforme DPE 2026 : un coefficient, trois conséquences

Le coefficient de conversion de l’énergie finale en énergie primaire de l’électricité est passé de 2,3 à 1,9 au 1er janvier 2026. L’arrêté du 13 août 2025 a officialisé ce changement, aligné sur la valeur européenne issue de la directive efficacité énergétique. La justification officielle : l’électricité française est décarbonée à 95 % grâce au nucléaire et aux renouvelables. L’ancien coefficient 2,3 pénalisait artificiellement les locaux tout électriques face au gaz ou au fioul importés.

La première conséquence est mathématique. Un local commercial consommant 30 000 kWh d’électricité par an voyait 69 000 kWh portés sur son DPE en énergie primaire (30 000 × 2,3). Depuis 2026, c’est 57 000 kWh (30 000 × 1,9), soit 17 % de moins. Ramené au mètre carré, pour un bureau de 300 m², on passe de 230 à 190 kWh/m²/an, ce qui peut suffire à changer de classe énergétique.

La deuxième conséquence est pratique. Les étiquettes de certains locaux passent mécaniquement de F à E, ou de E à D, sans qu’un euro ne soit investi. L’ADEME estime pour le résidentiel que 850 000 logements sortent ainsi du statut de passoire énergétique. Côté tertiaire, aucun chiffre officiel n’a été publié, mais la logique s’applique à tous les locaux chauffés ou climatisés à l’électricité, soit une part importante du parc bureaux et commerces.

La troisième conséquence est stratégique : aucune étiquette ne peut baisser. C’est une règle explicite du gouvernement. Les locaux chauffés au gaz, au fioul ou au bois conservent leur étiquette actuelle. Les locaux électriques ne peuvent que se maintenir ou s’améliorer. Pour un bailleur tertiaire, la réforme DPE 2026 ne présente donc aucun risque à la baisse, alors qu’un gain de classe peut se traduire par 3 000 à 8 000 € de valeur locative additionnelle par an selon la taille du local.

Votre DPE antérieur : à refaire ou simplement à mettre à jour

Les DPE tertiaires réalisés avant le 1er janvier 2026 restent juridiquement valables jusqu’à leur expiration, soit dix ans après leur réalisation. Pas besoin de commander un nouveau DPE à 400 ou 600 € pour bénéficier de la réforme. La procédure est bien plus simple et gratuite.

Pour les DPE réalisés après le 1er juillet 2021, l’Observatoire DPE-Audit de l’ADEME (observatoire-dpe-audit.ademe.fr) permet de générer une attestation de nouvelle étiquette en quelques minutes. Il suffit de saisir le numéro ADEME à 13 chiffres figurant en haut à droite du rapport DPE. Le système recalcule automatiquement avec le coefficient 1,9 et met à disposition l’attestation officielle. Cette attestation a la même valeur juridique que le DPE original.

Pour les DPE tertiaires antérieurs au 1er juillet 2021, la situation est différente : ces documents restent valables pour l’affichage mais la mise à jour via ADEME n’est pas toujours possible. Dans ce cas, anticiper un nouveau DPE au moment d’une vente ou d’une relocation devient plus intéressant qu’avant la réforme, car l’étiquette pourrait s’améliorer. Un pré-diagnostic via Diag-Tertiaire permet d’estimer gratuitement l’impact du nouveau coefficient sur votre local avant d’engager un diagnostiqueur certifié.

Quels locaux tertiaires gagnent vraiment avec la réforme DPE 2026

Tous les locaux utilisant de l’électricité comme énergie principale sont concernés. En tertiaire, c’est une part considérable du parc. Les bureaux équipés de pompes à chaleur ou de convecteurs électriques, les cabinets médicaux, les commerces avec climatisation réversible, les restaurants avec équipements électriques lourds, les hôtels chauffés par PAC : tous voient leur DPE s’améliorer automatiquement au 1er janvier 2026.

L’impact varie selon la part d’électricité dans la consommation totale. Un bureau tout électrique (chauffage, eau chaude, éclairage, bureautique) profite à plein de la baisse de 17 %. Un restaurant mixte électricité-gaz en profite partiellement, uniquement sur la part électrique. Un hôtel au gaz pour le chauffage mais avec climatisation électrique généralisée voit un gain modéré, environ 5 à 8 % sur le total. Un commerce au fioul ne gagne rien.

En pratique, pour un bureau de 300 m² à Paris précédemment classé F avec 220 kWh/m²/an en énergie finale électrique, le calcul devient : 220 × 1,9 = 418 kWh/m²/an en énergie primaire, contre 506 auparavant. Le local peut passer en classe E. Gain de valeur locative estimé par Sinteo dans son baromètre bureaux 2024 : 5 à 8 % du loyer annuel, soit 3 000 à 5 000 € sur un loyer de 60 000 €. Pour une revente, la décote liée à un classement F s’atténue d’autant.

La fenêtre 2026-2028 : pourquoi agir maintenant malgré la réforme

La réforme DPE 2026 est une bonne nouvelle, mais elle ne modifie pas la physique du bâtiment. Un local mal isolé reste mal isolé, et sa facture énergétique ne baissera pas d’un euro du fait de la réforme. Deux échéances réglementaires rappellent qu’il ne faut pas s’arrêter à l’étiquette DPE améliorée.

La première est la directive européenne 2024/1275, dite EPBD4, qui fixe des jalons contraignants pour le parc tertiaire à horizon 2030 et 2033. Les États membres doivent rénover d’abord les bâtiments les moins performants. Un projet d’interdiction de location des locaux commerciaux classés G est évoqué pour 2028 en France, dans le prolongement de ce qui existe déjà pour le résidentiel. La marge de manœuvre pour agir sans contrainte rétrécit.

La seconde est la loi DDADUE qui, au 11 octobre 2026, remplace le seuil salarial de l’audit énergétique obligatoire par un seuil de consommation : 2,75 GWh/an pour l’ensemble du parc d’une entreprise. Beaucoup de commerces multi-sites ou d’hôtels multi-établissements basculent dans l’obligation. Un audit NF EN 16247 se facture entre 3 000 et 15 000 € selon le périmètre. Anticipé avec un pré-diagnostic sur Diag-Tertiaire, l’audit officiel devient plus fluide et mieux ciblé. Le décret BACS, dont le seuil passe à 70 kW au 1er janvier 2027, étend par ailleurs l’obligation de systèmes d’automatisation et de régulation à une grande partie des hôtels moyens et immeubles de bureaux, avec un investissement généralement compris entre 8 000 et 40 000 € selon la taille. Mis bout à bout, ces trois textes signifient qu’en 2026-2027, mieux vaut utiliser la fenêtre offerte par la réforme DPE pour valoriser l’existant et préparer les travaux avant que les contraintes ne deviennent obligatoires.

Questions fréquentes

Dois-je refaire mon DPE tertiaire après la réforme de janvier 2026 ?

Non. Votre DPE réalisé avant 2026 reste valable dix ans. Pour un local électrique, téléchargez simplement l’attestation de nouvelle étiquette sur le site de l’Observatoire DPE-Audit de l’ADEME, gratuitement et sans diagnostiqueur. Pour un local au gaz ou au fioul, la réforme n’a aucun impact sur votre étiquette.

Mon local commercial chauffé au gaz profite-t-il de la réforme DPE 2026 ?

Non. La réforme abaisse uniquement le coefficient de l’électricité. Le gaz, le fioul et le bois conservent leurs coefficients actuels. Si votre local est majoritairement chauffé au gaz, aucune amélioration automatique n’est à attendre. Les travaux d’électrification (pompe à chaleur, chauffe-eau thermodynamique) deviennent en revanche plus rentables côté DPE.

Combien peut gagner un bureau tout électrique avec la réforme DPE 2026 ?

Environ 17 % de baisse mécanique en énergie primaire. Pour un bureau de 300 m² consommant 100 kWh/m²/an en électricité, cela fait passer la consommation DPE de 230 à 190 kWh/m²/an. Un local limite F peut basculer en E, ce qui représente en moyenne 3 000 à 5 000 € de gain sur la valeur locative annuelle selon les études Sinteo et OID.

La réforme DPE 2026 peut-elle faire baisser mon étiquette ?

Non, jamais. Le gouvernement a explicitement prévu qu’aucune étiquette ne peut se dégrader. La réforme ne peut que maintenir ou améliorer votre classement. Pour les locaux au gaz ou au fioul, l’étiquette reste identique. Aucun risque de voir un local passer de E à F suite à la réforme.

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