42 € le mégawattheure. C’est le prix auquel une partie de votre électricité était achetée jusqu’au 31 décembre 2025, grâce à un mécanisme appelé ARENH. Ce prix n’existe plus. Depuis le 1er janvier 2026, la fin de l’ARENH expose 100 % de votre facture aux prix du marché. Le nouveau système (le VNU) vise un prix moyen de 70 €/MWh - soit 67 % de plus. Pour un commerce de 300 m², c’est entre 900 et 1 700 € de surcoût annuel. Voici ce qui a changé concrètement, pourquoi votre facture ne baisse pas malgré la détente des marchés, et comment limiter la casse.
Fin de l’ARENH : pourquoi votre électricité coûte plus cher en 2026
L’ARENH, c’était un filet de sécurité. Depuis 2011, ce dispositif obligeait EDF à vendre une partie de sa production nucléaire à 42 €/MWh aux fournisseurs alternatifs. Le volume était plafonné à 100 TWh par an, soit environ un tiers de la consommation nationale. En pratique, une bonne partie de votre facture reposait sur ce prix régulé.
Le 31 décembre 2025, le mécanisme a pris fin. Définitivement. Depuis le 1er janvier 2026, les fournisseurs achètent 100 % de leur électricité sur le marché de gros. Plus de prix plancher, plus de volume garanti.
Le remplacement s’appelle le VNU - Versement Nucléaire Universel. Le principe : EDF vend toute sa production au prix du marché. Si ce prix dépasse certains seuils, EDF reverse une partie de ses gains à l’État, qui redistribue aux consommateurs via une réduction sur les factures. Le prix moyen visé : 70 €/MWh sur 15 ans. C’est 28 € de plus par MWh que l’ancien ARENH.
Sur le papier, c’est un mécanisme de redistribution. En pratique, c’est une hausse structurelle. La CRE (Commission de régulation de l’énergie) a d’ailleurs qualifié le tarif de février 2026 de “stable” - alors que les prix de gros étaient en baisse. La baisse des marchés a été absorbée par la fin de l’avantage nucléaire au lieu de se traduire en économies sur votre facture.
Ce que ça coûte à votre commerce, hôtel ou bureau
Les contrats d’électricité pour 2026 se négocient entre 57 et 75 €/MWh sur le marché de gros. Pour un professionnel au tarif réglementé, le kWh est à 0,1940 € TTC en option base depuis février 2026. Les abonnements, eux, ont augmenté de 5 à 12 %.
Prenons des cas concrets.
Un commerce de 300 m² consomme en moyenne 15 à 25 MWh par an (éclairage, climatisation, équipements). Avec un surcoût de 28 € par MWh lié à la disparition de l’ARENH, c’est 420 à 700 € de plus rien que sur la part énergie. Ajoutez la hausse des abonnements et des CEE (+20 à 30 % en 2026) : le surcoût total se situe entre 900 et 1 700 € par an.
Un hôtel de 30 chambres consomme entre 80 et 150 MWh par an en électricité (hors gaz). Le même calcul donne 2 200 à 4 200 € de surcoût annuel. Pour un hôtelier dont la facture totale d’énergie est déjà de 18 000 à 35 000 €, c’est un poste qui continue de gonfler.
Un plateau de bureaux de 500 m² consomme environ 40 à 70 MWh par an. Surcoût estimé : 1 100 à 2 000 €.
L’UFC-Que Choisir résume la situation : les consommateurs paieront en moyenne 19 % de plus du fait du nouveau système. Et ce chiffre ne tient pas compte de la crise au Moyen-Orient qui fait flamber les prix de gros en parallèle.
Tarif réglementé : êtes-vous encore éligible ?
Une bonne nouvelle, quand même. Depuis 2026, le tarif réglementé de vente (TRV) est élargi. Avant, seules les entreprises avec un compteur inférieur à 36 kVA pouvaient en bénéficier. La nouvelle règle : toutes les entreprises de moins de 10 salariés et dont le chiffre d’affaires est inférieur à 2 millions d’euros y ont accès, quelle que soit la puissance souscrite.
Concrètement, si vous êtes un commerce de quartier, un petit hôtel familial, un cabinet médical ou un restaurant, vous êtes probablement éligible. Le TRV n’est pas l’offre la moins chère du marché - mais c’est la plus lisible. Pas de mauvaise surprise, pas de clause d’indexation obscure. Dans un contexte de forte volatilité, la lisibilité a une valeur.
Pour vérifier votre éligibilité et comparer avec les offres du marché, le médiateur national de l’énergie propose un comparateur indépendant. Un pré-diagnostic Diag-Tertiaire vous donnera en plus une vision claire de vos postes de consommation, pour savoir où agir en priorité.
Trois leviers concrets pour absorber la hausse
La fin de l’ARENH est un changement structurel. Les prix ne reviendront pas à 42 €/MWh. La question n’est plus “quand ça va baisser ?” mais “comment je réduis ma consommation ?”.
Verrouillez un prix fixe. Si vous êtes sur une offre indexée au marché, vous subissez chaque hausse en temps réel. Les offres à prix fixe existent, même si elles intègrent une prime de risque (les fournisseurs se protègent aussi). Pour un commerce de 300 m², la différence entre la meilleure et la pire offre peut dépasser 1 500 € par an. C’est le moment de comparer.
Attaquez l’éclairage. Dans un commerce, l’éclairage représente 30 à 50 % de la facture électrique. Passer 80 spots halogènes en LED coûte quelques centaines d’euros et se rentabilise en 2 à 3 mois. Avec une électricité à 70 €/MWh au lieu de 42, le retour sur investissement est encore plus rapide qu’avant.
Faites un état des lieux chiffré. Beaucoup de professionnels paient trop sans le savoir - puissance souscrite mal calibrée, consommation en heures pleines, équipements vétustes. Un pré-diagnostic gratuit Diag-Tertiaire identifie ces gaspillages en 3 minutes, avec un chiffrage par poste. Sur un local commercial, 15 à 30 % de la consommation est récupérable sans gros travaux.
La fin de l’ARENH rend chaque kilowattheure gaspillé plus coûteux. L’ironie, c’est que ça rend aussi chaque action d’économie plus rentable.
Questions fréquentes
C’est quoi l’ARENH et pourquoi ça a disparu ?
L’ARENH permettait aux fournisseurs d’acheter l’électricité nucléaire d’EDF à 42 €/MWh depuis 2011. Le dispositif a pris fin le 31 décembre 2025, après 14 ans. Il est remplacé par le VNU (Versement Nucléaire Universel), qui vise un prix moyen de 70 €/MWh sur 15 ans.
De combien va augmenter ma facture d’électricité en 2026 ?
L’UFC-Que Choisir estime la hausse moyenne à 19 %. Pour un commerce de 300 m², cela représente 900 à 1 700 € de surcoût annuel. Pour un hôtel de 30 chambres, entre 2 000 et 4 200 €. L’ampleur dépend de votre contrat actuel et de votre profil de consommation.
Les TPE et PME peuvent-elles encore bénéficier du tarif réglementé ?
Oui. Depuis 2026, le tarif réglementé (TRV) est accessible à toutes les entreprises de moins de 10 salariés avec un chiffre d’affaires inférieur à 2 millions d’euros, quelle que soit la puissance souscrite. C’est un changement important par rapport aux règles précédentes.
Comment protéger mon entreprise de la hausse de l’électricité en 2026 ?
Trois leviers prioritaires : vérifier votre éligibilité au tarif réglementé, comparer les offres à prix fixe pour verrouiller un tarif avant les prochaines hausses, et réduire votre consommation via un pré-diagnostic gratuit sur Diag-Tertiaire. L’éclairage LED et le réglage des consignes de température offrent les meilleurs retours sur investissement.
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