10 milliards d’euros par an d’ici 2030. Fin des chaudières gaz dans le neuf, un million de pompes à chaleur, doublement du soutien public. Le plan d’électrification 2026 de Sébastien Lecornu sonne comme un tournant. Sauf que pour un gérant de commerce ou d’hôtel, il ne change rien à la facture de mai. Il pourrait même l’alourdir.
Les annonces - et qui paie
Le Premier ministre a fixé trois caps : interdiction des chaudières gaz dans le neuf dès fin 2026, un million de PAC par an d’ici 2030, et 85 TWh de gaz remplacés par de l’électricité française. Pour les pros, des “dispositifs dédiés” sont prévus pour les fours, rôtisseries et équipements de travail. Le mot qui revient : “en cours de définition”. Pas de montant. Pas de calendrier.
La vraie information est ailleurs. Lecornu l’a dit lui-même : “Cela ne se fera pas avec de l’argent nouveau.” Le financement repose sur les CEE, les Certificats d’Économies d’Énergie, dont les objectifs ont été doublés pour 2026-2030. Les CEE sont payés par les fournisseurs. Les fournisseurs les répercutent sur vos factures. Surcoût estimé : 2 €/MWh minimum. Sur un hôtel de 30 chambres, c’est 240 € de plus par an rien que sur ce poste.
Autrement dit, le plan est financé par vous.
Quelles 3 hausses concrètes en 2026 ?
Pendant que les annonces parlent de 2030, votre facture, elle, encaisse 2026. Trois lignes vont bouger sur l’année.
Trois hausses 2026 sur la facture pro
Trois mesures officielles : gaz +15,4 % au 1er mai, fin ARENH avec passage à 65,86 €/MWh, doublement des objectifs CEE 2026-2030.
Trois hausses 2026 sur la facture pro
Mesures actées et publiées par les régulateurs
Sources : CRE, délibération du 8 avril 2026 (gaz). CRE, niveau du Versement Nucléaire Universel à 65,86 €/MWh contre 42 €/MWh (ARENH). Ministère de la Transition écologique, 5e période CEE.
Ce que ça change pour votre local : rien
L’interdiction du gaz vise le neuf. Votre chaudière existante peut tourner jusqu’à sa fin de vie.
Le passage en PAC reste possible, mais l’investissement va de 8 000 € pour un local commercial à plus de 25 000 € pour un hôtel avec réseau haute température. Aucune subvention pro n’est confirmée à ce jour. La Capeb a qualifié les annonces de “pas à propos” face à la crise du bâtiment. Le leasing véhicules électriques est réservé aux particuliers.
Ce qui pèse sur votre facture en 2026, ce ne sont pas ces annonces. C’est la hausse de 15,4 % du gaz au 1er mai, la fin de l’ARENH et le doublement des CEE. Trois hausses concrètes. Zéro protection pour le tertiaire.
Même crise, même scénario
Chaque chef d’entreprise a déjà vu ce film.
2022. L’Ukraine. Le gaz passe de 30 à 340 €/MWh. Le gouvernement sort le bouclier tarifaire et l’amortisseur, 40 milliards sur deux ans. Les entreprises respirent. Puis les deux dispositifs disparaissent, et la facture reprend d’un coup.
Mars 2026. L’Iran. Le TTF double en trois mois. Réponse : 70 M€. Transport 50 M€, agriculture 14 M€, pêche 5 M€. Commerces, hôtels, bureaux : zéro.
Avril 2026. Le plan d’électrification. 10 milliards annoncés un vendredi soir, sans argent nouveau, financés par vos factures. Dispositifs pros “en cours de définition”.
Les urgences passent. Les hausses restent.
Qu’est-ce qui marche, maintenant ?
Passer l’éclairage en LED sur un commerce de 300 m² : 1 500 à 2 500 € d’économie par an, rentabilisé en deux mois. Baisser la consigne ECS de 65 à 55 °C dans un hôtel : 300 à 600 € par an, cinq minutes de réglage. Renégocier son contrat de fourniture : jusqu’à 1 500 € de différence annuelle.
Sur un bâtiment tertiaire, 15 à 30 % de l’énergie est récupérable sans travaux lourds. Un pré-diagnostic gratuit Diag-Tertiaire identifie vos postes. Pas de dispositif à attendre. Pas de formulaire.
- Le plan ne baisse pas votre facture en 2026 : les 10 milliards d'euros annoncés financent l'électrification du neuf et seront répercutés sur vos factures via le doublement des objectifs CEE 2026-2030 (source : ministère de la Transition écologique).
- Trois hausses sont actées : gaz +15,4 % au 1er mai (CRE), VNU à 65,86 €/MWh contre 42 €/MWh sous ARENH (CRE), CEE x2 sur la 5e période. Aucun amortisseur n'est prévu pour le tertiaire.
- Le seul levier qui agit en 2026 reste interne : 15 à 30 % de l'énergie d'un bâtiment tertiaire est récupérable sans travaux lourds, pilotage et contrats compris. Un pré-diagnostic identifie les postes en quelques minutes.
Le plan d’électrification trace un cap pour 2030. Votre facture de mai n’attendra pas. Diag-Tertiaire vous dit par où commencer.
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Sources et chiffre clé
Chiffre clé : la fin de l’ARENH au 31 décembre 2025 entraîne une hausse mécanique de 30 à 50 €/MWh sur le prix de l’électricité professionnelle en 2026 (source : CRE, déliberations 2025).
Sources institutionnelles utilisées dans cet article :
- Commission de Régulation de l’Énergie (CRE) - déliberations TURPE 6, fin ARENH et structure tarifaire 2025-2030.
- Ministère de la Transition écologique - communiqués officiels sur le plan électrification et la trajectoire décarbonation.