10 à 15 %
C’est la part de la facture d’électricité d’un foyer qui part dans les appareils en veille, selon l’ADEME (ADEME). Dans un local professionnel, le phénomène est le même, avec un facteur aggravant : quand vous fermez trois semaines en août, la consommation d’énergie de ce local fermé ne tombe pas à zéro. Le froid tourne, la veille tire du courant, la climatisation reste programmée. Une partie de la facture d’août est payée pour rien.
Cet article passe en revue les postes qui continuent de consommer en votre absence, ce qu’il faut couper avant de partir, et ce qu’il ne faut surtout pas toucher.
Le mythe du local fermé qui ne consomme rien
Rideau baissé, lumière éteinte, personne à l’intérieur : le réflexe est de penser que la facture s’arrête. Elle ralentit, mais elle ne s’arrête pas. Un local tertiaire moderne est plein d’équipements qui fonctionnent en continu ou en veille, indépendamment de votre présence.
Le calcul est simple. Sur une facture annuelle de 12 000 €, le mois d’août représente en moyenne 1 000 €. Si votre local est fermé la moitié du mois mais que rien n’a été coupé, une bonne partie de ces kWh est consommée sans le moindre client, sans le moindre service rendu. Ce n’est pas une fatalité technique, c’est un oubli d’organisation.
La bonne nouvelle : contrairement à un investissement, préparer sa fermeture ne coûte rien. C’est du temps, pas de l’argent. Et le geste se répète chaque année, à chaque pont, à chaque fermeture prolongée.
Les cinq postes qui tournent en votre absence
Cinq postes continuent de consommer quand le local est vide, à des degrés divers.
Le froid alimentaire d’abord, pour les commerces de bouche. Meubles réfrigérés et chambres froides tournent 24h/24, exactement comme en période d’ouverture. C’est le poste le plus lourd et, paradoxalement, celui qu’il ne faut pas couper tant qu’il reste des denrées. Sur trois semaines, le froid d’une petite supérette peut représenter 300 € à lui seul, comme le détaille notre article sur la consommation d’une supérette.
La veille des équipements ensuite. Terminaux de paiement, écrans, ordinateurs, box internet, machines à café, fours électroniques : tous conservent une consommation résiduelle. Additionnée sur des dizaines d’appareils et plusieurs semaines, cette veille chiffre vite quelques dizaines d’euros, entièrement évitables.
La climatisation laissée en marche ou mal programmée. Un local sans occupants n’a aucune raison d’être maintenu à 24 °C. Une climatisation oubliée en marche pendant une canicule d’août peut consommer autant qu’en pleine activité, soit plusieurs dizaines d’euros par semaine.
Le chauffe-eau (ECS, l’eau chaude sanitaire) qui maintient un ballon à température pour personne. Enfin, la ventilation et l’enseigne lumineuse qui, si elles ne sont pas sur minuterie, éclairent et brassent l’air d’un local désert toute la nuit.
Prenons un cas concret. Un salon de coiffure de 80 m² ferme trois semaines en août. Le gérant coupe la lumière et baisse le rideau, mais laisse branchés le terminal de paiement, deux postes informatiques, le chauffe-eau et la climatisation programmée. Sur la période, ces postes non essentiels représentent environ 120 € consommés sans un seul client. Débranchés, ils seraient tombés à quelques euros. Le geste manquant n’a rien de technique : il tient à une checklist de départ que personne n’a formalisée.
Combien cela représente sur trois semaines
Le schéma ci-dessous compare une fermeture non préparée et une fermeture bien gérée, sur trois semaines de congés, pour un local type.
L’écart n’est pas spectaculaire pris isolément, mais il se répète : chaque fermeture prolongée, chaque année. Sur un pont de trois jours répété plusieurs fois dans l’année, le même raisonnement s’applique à plus petite échelle. Ce sont 200 à 400 € par an récupérés pour un local qui ferme régulièrement, sans toucher au confort ni au service.
La checklist avant de baisser le rideau
Préparer la fermeture prend une dizaine de minutes. L’ordre compte moins que l’exhaustivité.
Commencez par débrancher, pas seulement éteindre, les appareils en veille : terminaux, écrans, ordinateurs, machines à café. Un appareil éteint par son bouton continue souvent de consommer ; débranché, il ne consomme plus rien. Coupez ensuite la climatisation, ou réglez-la sur une consigne haute (28 à 30 °C) si un local technique ou du matériel sensible doit être protégé de la chaleur. Mettez le chauffe-eau à l’arrêt s’il n’y a aucun usage prévu, ce qui économise l’énergie de maintien du ballon pendant toute la fermeture, soit souvent 15 à 40 €.
Vérifiez enfin l’éclairage intérieur et l’enseigne lumineuse : une enseigne sur minuterie ou coupée pendant trois semaines évite d’éclairer une vitrine déserte toute la nuit. Ces gestes cumulés se traduisent directement sur la facture d’août, et ne demandent aucun matériel.
Le meilleur moyen de ne rien oublier est d’en faire une routine. Une checklist affichée près de la porte de service, relue à chaque fermeture prolongée, transforme un geste ponctuel en réflexe. La même liste sert pour les congés d’été, les ponts de mai et les fêtes de fin d’année. Sur une année, un local qui ferme régulièrement récupère ainsi 200 à 400 € sans jamais y repenser, simplement parce que la question a été traitée une fois pour toutes au lieu d’être oubliée à chaque départ.
Ce qu’il ne faut surtout pas couper
Parlons clair. Économiser ne veut pas dire tout débrancher. Trois choses restent en marche, sans exception.
Le froid alimentaire chargé d’abord. Couper une chambre froide ou un meuble réfrigéré contenant des denrées, c’est perdre la marchandise et rompre la chaîne du froid. La perte de stock se chiffre vite en plusieurs centaines d’euros, parfois plus de 1 000 €, bien au-delà des quelques euros d’énergie économisés. La bonne pratique consiste à écouler ou regrouper les stocks avant la fermeture, pour éteindre uniquement les meubles réellement vides.
La sécurité ensuite : alarme, vidéosurveillance, éclairage de sécurité, systèmes de détection. La ventilation sanitaire enfin, dans les locaux où l’air doit être renouvelé, et les serveurs informatiques qui hébergent des données. Dans un établissement de santé, la mise à l’arrêt de l’eau chaude obéit aussi à des règles de prévention de la légionelle : on ne coupe pas sans vérifier. L’économie d’énergie s’arrête là où commence la sécurité.
Repérer les fuites à la rentrée
La fermeture d’été est un bon révélateur. Un local qui consomme beaucoup alors qu’il est vide signale des équipements mal réglés ou surdimensionnés qui, le reste de l’année, coûtent tout autant sans qu’on le remarque. Relever son compteur avant de partir et à la rentrée donne une mesure directe de la consommation de veille du local.
Un exemple parlant : si votre compteur avance de 15 kWh par jour alors que le local est vide, cela représente, au tarif professionnel actuel, près de 3 € par jour de veille, soit plus de 1 000 € par an de consommation permanente. C’est le socle incompressible que vous payez avant même d’ouvrir le matin, et c’est souvent là que se cachent les meilleures économies.
À la rentrée, c’est le bon moment pour aller plus loin que les gestes gratuits. Comparer sa consommation aux références de son secteur permet de savoir si le local est bien réglé ou s’il paie structurellement trop cher, comme le montre notre méthode pour réduire la facture énergétique d’un commerce. Le pré-diagnostic énergétique gratuit situe votre local en quelques minutes et pointe les postes à traiter en priorité.
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Questions fréquentes
Un local fermé pendant les congés consomme-t-il vraiment de l’énergie ?
Oui. Le froid alimentaire tourne 24h/24, les appareils en veille continuent de tirer du courant (10 à 15 % de la facture d’électricité d’un foyer selon l’ADEME), et la climatisation ou le chauffe-eau restent souvent programmés. Un local vide n’est pas un local à consommation nulle : une part de la facture d’août est payée pour rien.
Faut-il couper le chauffe-eau pendant les congés d’été ?
Oui, dans la plupart des cas. S’il n’y a aucun usage d’eau chaude pendant la fermeture, maintenir un ballon d’eau chaude en température plusieurs semaines est du pur gaspillage. Le couper ou le mettre en position hors-gel économise l’énergie de maintien. Exception : les usages sanitaires imposés (certains établissements de santé) où la mise à l’arrêt doit respecter les règles de prévention de la légionelle.
Peut-on éteindre la chambre froide ou les meubles réfrigérés en partant ?
Non, jamais, si des denrées y restent. Couper le froid alimentaire fait perdre la marchandise et rompt la chaîne du froid. La bonne pratique est de vider et regrouper les stocks pour éteindre les meubles vraiment vides, tout en maintenant le strict nécessaire. La sécurité alimentaire prime toujours sur l’économie d’énergie.
Combien peut-on économiser en préparant la fermeture de son local ?
Cela dépend du local, mais couper les postes non essentiels pendant trois semaines de congés évite souvent 100 à 400 euros de consommation inutile, sans le moindre investissement. C’est une estimation indicative : le gain réel dépend du nombre d’appareils laissés en veille et des équipements programmés.