50 %

C’est la part de la cuisson et du froid réunis dans la consommation électrique d’un restaurant (Selectra, données ADEME). La facture énergie d’un restaurant se situe le plus souvent entre 5 000 et 15 000 € par an selon la surface, le type de cuisine et le mix électricité-gaz. C’est l’un des locaux tertiaires les plus intensifs en énergie, mais aussi l’un de ceux où quelques réglages bien ciblés rapportent vite.

Cet article décompose où passent vos kilowattheures et détaille quatre leviers chiffrés pour alléger la facture, sans changer votre carte ni votre cuisine.

Ce que consomme un restaurant

Un restaurant consomme en moyenne 244 kWh/m²/an d’électricité, davantage si la cuisson est électrique (Selectra). C’est près de deux fois l’intensité d’un commerce généraliste. La raison est simple : on cuit, on lave, on refroidit et on ventile en même temps, sur de longues amplitudes.

La répartition type (données ADEME) : chauffage 25 %, cuisson 20 %, éclairage 18 %, ventilation et extraction 12 %, eau chaude sanitaire 10 %, climatisation 5 %, autres usages 10 %. En électricité pure, cuisson et froid dépassent 50 %.

Concrètement, un petit restaurant de quartier paie souvent 5 000 à 8 000 €/an, un établissement de taille moyenne avec terrasse et cuisine équipée 8 000 à 15 000 €/an, et davantage au-delà. L’écart entre deux restaurants de même surface vient surtout du froid, de l’extraction et des habitudes de réglage, pas de la carte. C’est une bonne nouvelle : ces écarts sont actionnables.

Première action, gratuite : relevez votre facture annuelle et rapportez-la à votre surface. Au-delà de 400 kWh/m², vous êtes au-dessus de la médiane du secteur et il existe presque toujours un levier. La logique de comparaison sectorielle est détaillée dans notre article diagnostic énergétique d’un restaurant.

La répartition des postes

Répartition indicative des postes d'énergie d'un restaurant Barres horizontales : chauffage 25 pour cent, cuisson 20 pour cent, éclairage 18 pour cent, extraction et ventilation 12 pour cent, eau chaude 10 pour cent, climatisation 5 pour cent. Répartition indicative des postes d'un restaurant Part de la consommation d'énergie totale Chauffage 25 % Cuisson 20 % Éclairage 18 % Extraction / ventilation 12 % Eau chaude 10 % Climatisation 5 %
Estimation indicative à partir des données ADEME et Selectra (restauration). À confirmer sur vos factures. Le froid alimentaire est réparti entre cuisson et autres usages.

Sur une facture de 10 000 €/an, le chauffage pèse environ 2 500 €, la cuisson 2 000 €, l’éclairage 1 800 €, l’extraction 1 200 €. Quatre postes concentrent l’essentiel des économies réalistes.

Le froid : un poste qui tourne 24h/24

Les armoires réfrigérées et chambres froides fonctionnent en continu, nuit et week-end compris. C’est pourquoi le froid pèse lourd sur l’année, même s’il n’apparaît pas comme un poste à part dans la moyenne ci-dessus. Trois gestes le réduisent sans risque sanitaire.

Le dégivrage régulier et le nettoyage du condenseur rendent 10 à 20 % de performance à un groupe froid encrassé, soit 150 à 400 €/an sur un restaurant moyen. Les joints de porte en bon état évitent les fuites de froid. Enfin, ne pas surdimensionner : une chambre froide trop grande pour le besoin consomme en pure perte. Vérifier la température de consigne (pas plus froid que nécessaire) ferme la boucle.

Un levier plus structurant existe pour les établissements qui rénovent : la récupération de chaleur sur les groupes froids. La chaleur rejetée par les condenseurs, normalement perdue, peut préchauffer l’eau chaude sanitaire. Sur un restaurant qui lave beaucoup, l’économie atteint 300 à 700 €/an, pour un investissement amorti en 3 à 5 ans. Ce n’est pertinent qu’à l’occasion d’un remplacement de matériel, mais cela change durablement l’équation.

Chauffage et climatisation : le premier poste

Avec environ 25 % de l’énergie, le chauffage est le premier poste, et la climatisation s’y ajoute l’été. Un restaurant cumule deux difficultés : une salle ouverte sur la rue (porte qui s’ouvre en continu, parfois terrasse chauffée) et une cuisine qui dégage de la chaleur, ce qui déséquilibre la climatisation. Résultat, on chauffe et on climatise souvent en même temps que la cuisine produit de la chaleur.

Trois réglages simples : une consigne raisonnable (19 °C en salle l’hiver, 26 °C en climatisation l’été), une programmation sur les horaires de service plutôt qu’en continu, et une destratification ou un brassage d’air dans les salles hautes. L’ensemble représente 500 à 1 200 €/an sur un restaurant moyen, pour un coût modéré. Le chauffage de terrasse, lui, est un gouffre : à réserver aux heures réellement fréquentées.

La cuisson : gaz, induction et bonnes pratiques

La cuisson représente environ 20 % de l’énergie, et son optimisation tient autant aux équipements qu’aux gestes. Côté équipement, l’induction chauffe avec un rendement de l’ordre de 90 % contre 40 à 55 % pour le gaz, et ne chauffe pas la cuisine (ce qui soulage la climatisation l’été). Le surcoût d’un piano induction se justifie surtout au renouvellement du matériel, pas pour remplacer un gaz encore en bon état.

Côté gestes, l’effet est immédiat et gratuit : allumer les feux et fours au plus près du service plutôt qu’en début de matinée, couvrir les bains-marie, dégraisser les brûleurs, et éteindre la ligne chaude pendant les coupures. Sur un restaurant moyen, une discipline d’allumage représente 300 à 800 €/an sans le moindre investissement. La cuisson est le poste où la formation de l’équipe rapporte le plus vite.

Pensez aussi à l’eau chaude, souvent surchauffée : régler le ballon à 55-60 °C suffit pour la plonge et le lavage, au-delà on chauffe pour rien et on entartre plus vite.

4 leviers chiffrés pour un restaurant

Maîtriser la hotte d’extraction. Une hotte qui tourne à plein régime hors coup de feu gaspille. Un variateur de débit asservi à l’activité réduit ce poste de 30 à 50 %, soit 400 à 900 €/an, et améliore le confort en salle. Investissement amorti en 1 à 3 ans.

Entretenir et régler le froid. Dégivrage, condenseur propre, joints, consigne juste : 150 à 400 €/an, retour immédiat.

Passer en LED (cuisine et salle). La LED réduit l’éclairage de 40 à 60 %, soit 600 à 1 100 €/an sur un restaurant, avec un meilleur rendu en salle. Coût souvent couvert en partie par les CEE.

Renégocier le contrat d’énergie. Avec la fin de l’ARENH, comparer les offres et ajuster la puissance souscrite peut rendre 300 à 900 €/an sans aucun travaux. Beaucoup de restaurants paient une puissance surdimensionnée héritée d’un ancien matériel : un ajustement à la baisse se ressent dès la facture suivante.

Cumulés, ces quatre leviers représentent souvent 1 500 à 3 000 € d’économies par an sur un restaurant moyen, pour des investissements modestes et en partie financés par les aides. L’ordre logique : commencer par les gestes gratuits (réglages, allumage, dégivrage), puis traiter l’extraction et l’éclairage, enfin le contrat.

Aides et décret tertiaire pour un restaurant

Les CEE (Certificats d’économies d’énergie, un dispositif qui fait financer une partie de vos travaux par les fournisseurs d’énergie) couvrent l’éclairage LED, la régulation du froid et de la ventilation, l’isolation. Selon l’opération, la prime va de 300 à 3 000 €, déduite du devis avant travaux. Demandez-la avant de signer.

Bonne nouvelle réglementaire : un restaurant de moins de 1 000 m² n’est pas soumis au décret tertiaire, donc sans obligation de réduction ni déclaration OPERAT. Vous gardez la rentabilité des leviers sans la contrainte. Pour savoir par quel poste commencer sur votre établissement, le pré-diagnostic énergétique gratuit compare votre consommation aux références de votre secteur en quelques minutes. La même logique vaut pour les autres commerces de proximité, comme nous le montrons dans notre article pour réduire la facture énergétique d’un commerce.

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Questions fréquentes

Combien coûte l’énergie d’un restaurant par an ?

Le plus souvent entre 5 000 et 15 000 € par an selon la surface, le type de cuisine et le mix électricité-gaz. Un restaurant consomme en moyenne de l’ordre de 244 kWh/m²/an pour l’électricité, davantage avec la cuisson au gaz (Selectra, ADEME). La cuisson et le froid concentrent à eux seuls près de la moitié de la consommation électrique.

Quels sont les postes les plus gourmands dans un restaurant ?

Le chauffage (environ 25 %), la cuisson (20 %), l’éclairage (18 %), la ventilation et l’extraction (12 %), l’eau chaude (10 %) et la climatisation (5 %). En électricité pure, cuisson et froid réunis dépassent souvent 50 %. Le froid (armoires, chambres froides) tourne 24h/24, c’est un poste à surveiller en priorité.

Comment réduire la facture d’électricité de mon restaurant sans gros travaux ?

Quatre leviers rapides : dégivrer et entretenir le froid, réduire le débit de la hotte d’extraction hors service intense, passer l’éclairage et la salle en LED, et renégocier le contrat d’énergie. L’ensemble représente souvent 1 000 à 3 000 € d’économies par an pour un investissement modéré.

La hotte d’extraction consomme-t-elle beaucoup ?

Oui, plus qu’on ne le croit : la ventilation et l’extraction pèsent 10 à 15 % de la facture énergétique d’un restaurant. Une hotte qui tourne à plein régime en continu, même hors coup de feu, gaspille. Un variateur de débit asservi à l’activité réduit cette consommation de 30 à 50 % sans dégrader l’extraction quand c’est nécessaire.

Suis-je concerné par le décret tertiaire en tant que restaurateur ?

Non si votre restaurant fait moins de 1 000 m², ce qui est le cas de la grande majorité. Le décret tertiaire ne vise que les bâtiments de 1 000 m² et plus. Vous n’avez donc pas d’obligation de réduction ni de déclaration OPERAT, mais les leviers d’économies restent rentables sur votre facture.