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C’est l’effet, sur la consommation de votre climatisation, de la régler à 26 °C plutôt qu’à 23 °C (ADEME). En pleine canicule, l’hôtel affiche complet, la clim des chambres tourne sans relâche, la facture d’électricité s’envole, et un client se plaint quand même de la chaleur. Ce double problème, confort et coût, n’oppose pas deux camps : on peut tenir l’un et l’autre avec les bons réglages.

Cet article montre comment garder des chambres confortables pendant une vague de chaleur sans laisser la facture s’emballer, et sans oublier le personnel qui, lui aussi, travaille dans la chaleur.

Le dilemme de l’été : confort client et facture

Un hôtel est un bâtiment énergivore : de l’ordre de 240 kWh/m²/an selon les références sectorielles ADEME, tiré par le chauffage, l’eau chaude sanitaire et la climatisation. L’été, la climatisation grimpe au premier rang, parce qu’elle tourne dans toutes les chambres occupées, souvent jour et nuit.

Le poids financier est réel. La facture d’énergie d’un hôtel d’une trentaine de chambres se situe souvent entre 18 000 et 35 000 € par an, et l’été en concentre une part croissante avec la climatisation (voir notre facture énergie d’un hôtel). Une vague de chaleur de plusieurs jours peut faire grimper la consommation électrique de façon nette sur la période.

Mais l’enjeu n’est pas que financier. Une chambre trop chaude, c’est un client qui dort mal, et un avis en ligne qui le dit. À l’inverse, une climatisation poussée trop fort coûte cher et crée un inconfort à l’arrivée, entre la rue à 38 °C et une chambre à 19 °C. Le bon objectif n’est donc pas le plus froid possible, mais le confortable au meilleur coût. Et là, la marge de manœuvre est réelle : selon Météo-France, l’été 2022 a battu le record avec 33 jours de vague de chaleur, et la canicule de juin 2026 a confirmé que ces épisodes deviennent la norme. Autant s’organiser pour les passer sereinement.

Régler avant d’investir : consigne et entretien

Avant tout achat, deux leviers gratuits ou presque transforment la facture.

La consigne d’abord. Régler la climatisation à 26 °C au lieu de 23 °C divise sa consommation par environ trois (ADEME), et 26 °C reste agréable dans une chambre protégée du soleil. Inutile de viser plus froid : l’écart brutal avec l’extérieur est désagréable pour le client et coûteux pour vous. Une consigne homogène, affichée et expliquée au personnel, évite les chambres réglées à 18 °C porte ouverte.

L’entretien ensuite. Des filtres encrassés forcent le compresseur et dégradent le rendement ; l’ADEME recommande de les nettoyer ou changer tous les six mois. Et au moment de remplacer un matériel ancien, un climatiseur Inverter de classe A permet jusqu’à 30 % d’économies par rapport à un appareil à marche-arrêt répétés (ADEME). Sur un hôtel qui climatise vingt chambres, l’écart de consommation entre un parc entretenu et un parc négligé se chiffre vite en centaines d’euros par mois d’été. Rapporté à une facture annuelle de 18 000 € ou plus, la combinaison consigne juste plus entretien régulier représente une économie très concrète, obtenue sans dégrader le confort des chambres. C’est le genre de réglage qui se décide une fois et profite chaque été.

Couper la chaleur des chambres avant la clim

La climatisation lutte d’autant mieux qu’elle a moins à compenser. Or l’essentiel de la chaleur entre par les fenêtres. Fermer volets, stores ou rideaux occultants côté soleil pendant la journée, dans les chambres inoccupées comme dans les parties communes, évite que la chambre ne se transforme en four avant l’arrivée du client. C’est gratuit et immédiat.

Le réflexe se transmet facilement aux équipes. Une consigne simple au ménage suffit : en quittant une chambre orientée soleil, on baisse le store et on tire les rideaux plutôt que de laisser entrer le plein sud toute la journée. À la réservation, on peut aussi pré-rafraîchir une chambre une trentaine de minutes avant l’arrivée plutôt que de la climatiser à vide depuis le matin. Ces petits gestes, sans coût, évitent de partir d’une chambre à 32 °C qu’il faudra ensuite refroidir en force.

La nuit, quand l’air extérieur redescend, aérer largement les chambres libres et les couloirs évacue la chaleur accumulée. Au petit matin, on referme et on baisse les protections solaires pour garder la fraîcheur. Pour les espaces communs (hall, salle de petit-déjeuner), des brasseurs d’air prolongent le confort à très faible coût avant de pousser la climatisation. Ces gestes passifs, détaillés dans notre article pour rafraîchir un local sans climatisation, font souvent gagner plusieurs degrés et réduisent d’autant le temps de fonctionnement de la clim. Sur la saison, l’économie se compte facilement en centaines d’euros, parfois plus de 500 € pour un établissement qui climatise beaucoup.

Le personnel travaille aussi dans la chaleur

Le confort client ne doit pas faire oublier ceux qui font tourner l’hôtel. Les femmes et valets de chambre montent les étages, portent le linge, dans des couloirs et des chambres parfois surchauffés. La cuisine est un point chaud permanent. Or le Code du travail ne fixe aucune température maximale, mais impose à l’employeur de protéger la santé de ses salariés, une obligation renforcée par le décret n°2025-482 entré en vigueur le 1er juillet 2025.

À titre de repère, l’INRS considère le risque réel au-delà de 28 °C pour un travail physique. Concrètement : de l’eau fraîche à disposition, des horaires adaptés aux heures les plus chaudes, des pauses, et une attention particulière au personnel le plus exposé. Ce sont des mesures peu coûteuses, un ventilateur ne revenant par exemple qu’à environ 8 € par an d’électricité (ADEME), et la même fraîcheur qui protège vos équipes profite à vos clients. Bien traité, le sujet RH rejoint le sujet énergie : un hôtel qui sait rester frais le fait pour tout le monde. Nous détaillons ce cadre dans notre article sur la chaleur au travail et les obligations de l’employeur.

Par où commencer dans votre hôtel

L’ordre qui paie est toujours le même : d’abord les réglages gratuits (consigne 26 °C, protections solaires, ventilation nocturne), puis l’entretien, puis seulement les investissements (climatiseurs performants, régulation, isolation). Encore faut-il savoir quels postes pèsent le plus chez vous, car un hôtel de bord de mer très vitré et un hôtel de centre-ville n’ont pas les mêmes priorités.

C’est ce que situe le pré-diagnostic énergétique gratuit, à 0 € et sans engagement : en quelques minutes, il compare votre consommation à celle d’hôtels comparables et pointe les leviers prioritaires. C’est le bon point de départ avant la haute saison. Pour aller plus loin sur les postes structurants, voir aussi nos économies d’énergie pour un hôtel.

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Questions fréquentes

À quelle température régler la climatisation des chambres d’hôtel ?

L’ADEME recommande 26 °C au minimum. Passer de 23 à 26 °C divise la consommation par environ trois, pour un confort qui reste très correct dans une chambre fraîche et protégée du soleil. L’idéal est de ne pas créer un écart trop brutal avec l’extérieur, qui est désagréable et coûteux.

Comment garder les chambres fraîches sans surconsommer pendant une canicule ?

En agissant avant la climatisation : fermer volets et stores côté soleil dans la journée, aérer largement la nuit quand l’air extérieur redescend, et entretenir les climatiseurs (filtres propres). La clim n’intervient alors qu’en complément et tourne beaucoup moins, ce qui allège la facture sans dégrader le confort.

L’entretien de la climatisation change-t-il vraiment la consommation ?

Oui. Des filtres encrassés forcent le compresseur et dégradent le rendement. L’ADEME recommande de nettoyer ou changer les filtres des climatiseurs tous les six mois. Un appareil Inverter de classe A permet par ailleurs jusqu’à 30 % d’économies par rapport à un matériel ancien à marche-arrêt répétés.

Quelles sont mes obligations envers le personnel pendant une canicule ?

Le Code du travail ne fixe pas de température maximale, mais l’employeur doit protéger la santé de ses salariés, une obligation renforcée par le décret n°2025-482 du 1er juillet 2025. C’est important pour les femmes de chambre et le personnel de cuisine, exposés à la chaleur. L’INRS retient 28 °C comme repère d’alerte pour un travail physique.

Un hôtel consomme-t-il beaucoup d’énergie ?

Oui, c’est un bâtiment énergivore : de l’ordre de 240 kWh/m²/an selon les références du secteur (ADEME), tiré par le chauffage, l’eau chaude sanitaire et la climatisation. L’été, la climatisation devient un poste majeur. C’est pourquoi quelques réglages bien ciblés ont un effet rapide sur la facture.