7 %
C’est l’augmentation de consommation qu’entraîne, selon l’ADEME, chaque degré gagné en baissant la consigne de votre climatisation. Quand la canicule s’installe, votre facture d’électricité grimpe, mais pas à cause du prix du kWh : à cause de la climatisation qui tourne plus longtemps et plus fort. La bonne nouvelle, c’est que ce surcoût est en grande partie pilotable.
Cet article explique d’où vient la hausse, ce que change le prix de l’électricité en 2026, et les leviers concrets pour limiter le pic sans transformer vos locaux en fournaise.
Pourquoi la canicule gonfle votre facture
Le moteur de la hausse, c’est la climatisation. Pendant une vague de chaleur, elle fonctionne sur de plus longues plages et lutte contre un écart de température plus grand. L’effet est massif et mesurable à l’échelle du pays : selon RTE, en période de forte chaleur, chaque degré supplémentaire augmente la consommation électrique nationale de l’ordre de 0,7 à 1 GW, soit la puissance d’un réacteur, principalement à cause de la climatisation.
À l’échelle de votre local, la logique est la même. Plus il fait chaud, plus la clim tourne ; et plus vous réglez froid, plus elle consomme. L’ADEME chiffre ce second effet : baisser la consigne d’un degré, c’est environ 7 % de consommation en plus. Entre une climatisation réglée à 23 °C et une autre à 26 °C, la consommation est divisée par environ trois. Autrement dit, l’essentiel de votre surcoût d’été ne tombe pas du ciel : il dépend du thermostat et de l’état de votre matériel.
Concrètement, prenons un commerce dont la facture d’électricité dépasse 3 000 € par an. En temps normal, la climatisation n’est qu’une ligne parmi d’autres. Mais sur une quinzaine de jours de canicule, avec une clim réglée trop froid et mal entretenue qui tourne du matin au soir, ce seul poste peut représenter une part nettement plus lourde de la facture du mois. La canicule de juin 2026, la plus intense jamais mesurée en France selon Météo-France, a rendu cet effet plus visible que jamais sur les factures de l’été.
Le prix du kWh bouge aussi en 2026
À l’effet volume s’ajoute un effet prix, plus modeste mais réel. Au 1er août 2026, les tarifs d’utilisation des réseaux publics d’électricité (le TURPE, la part de votre facture qui paie l’acheminement) évoluent de +3,04 % pour la distribution, le réseau qui dessert les TPE, selon la CRE (décision du 21 mai 2026). La plupart des TPE tertiaires, raccordées en basse tension, sont concernées par cette évolution, qui se répercute aussi d’environ 1 % sur les tarifs réglementés de vente.
Cet ajustement s’inscrit dans un contexte de marché qui reste mouvant après la fin de l’ARENH, l’ancien dispositif qui plafonnait une partie du prix de l’électricité. Nous détaillons ces changements dans nos articles sur la fin de l’ARENH et son impact sur votre local et sur la hausse de l’électricité professionnelle de l’été 2026.
Mais gardons les proportions. Sur une facture de 5 000 € par an, une évolution de l’ordre de 3 % du tarif réseau représente quelques dizaines d’euros sur l’année, là où une climatisation mal réglée pendant une canicule peut en coûter bien davantage sur les seuls mois d’été. Retenez l’essentiel : c’est le volume consommé par la climatisation, bien plus que le prix du kWh, qui fait l’écart sur votre facture estivale. C’est donc là qu’il faut agir en priorité.
Limiter le pic sans souffrir
Réduire le surcoût de la canicule ne veut pas dire renoncer au confort. Quelques leviers, du gratuit au peu coûteux, suffisent à contenir la facture.
D’abord la consigne : viser 26 °C plutôt que 23 °C, c’est diviser la consommation de la clim par environ trois (ADEME), pour un confort qui reste correct dans un local protégé du soleil. C’est, de loin, le geste au meilleur rapport effort-résultat. Ensuite l’entretien : des filtres propres maintiennent le rendement, là où un appareil encrassé consomme davantage pour le même froid, et tombe plus souvent en panne au pire moment. Un nettoyage des filtres avant la saison et le dégagement de l’unité extérieure suffisent souvent. Puis les protections solaires : fermer stores et volets côté soleil dans la journée évite que le local ne chauffe et que la clim ne s’épuise à compenser. Ces gestes passifs sont détaillés dans notre article pour rafraîchir un local sans climatisation.
Enfin, vous pouvez décaler certains usages. Lancer le lave-vaisselle, recharger les équipements ou faire tourner les gros appareils en dehors des heures les plus chaudes de l’après-midi allège la pointe, au moment où la demande, et parfois le prix, sont les plus élevés. Le dispositif EcoWatt de RTE signale les périodes de tension sur le réseau et aide à savoir quand lever le pied. Si vous avez un contrat à heures pleines et heures creuses, le réflexe est encore plus payant.
Cumulés, ces réglages représentent souvent 200 à 500 € évités sur une saison de forte chaleur (estimation indicative, à rapporter à votre facture), pour un effort très modéré et sans perte de confort. Aucun de ces leviers ne demande de travaux : ils tiennent au réglage, à l’entretien et à quelques habitudes. C’est ce qui les rend immédiatement rentables, dès la première vague de chaleur.
Agir sur la cause, pas seulement sur la facture
Si votre facture explose chaque été, le thermostat n’est qu’une partie de l’histoire. Un local qui surchauffe oblige la clim à tourner en continu quoi que vous fassiez. La vraie question devient alors : pourquoi ce local capte-t-il autant de chaleur ? Vitrines exposées, toiture mal isolée, absence de protections solaires : ces causes se traitent, et nous les passons en revue dans notre article sur le local professionnel qui surchauffe.
La distinction est utile pour ne pas dépenser à l’aveugle. Réagir uniquement sur la facture, c’est traiter le symptôme année après année. Réagir sur la cause, c’est faire baisser durablement le besoin de climatisation, donc la facture de chaque été suivant. Les deux ne s’opposent pas : on commence par les réglages gratuits cet été, et on planifie les corrections de fond (protection solaire, isolation, matériel performant) pour l’année suivante, en connaissance de cause.
Pour savoir où agir en priorité chez vous, le pré-diagnostic énergétique gratuit, à 0 € et sans engagement, compare votre consommation à celle de locaux similaires et identifie les postes les plus lourds, en quelques minutes. C’est le moyen le plus simple de transformer une facture subie en plan d’action, avant la prochaine vague de chaleur.
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Questions fréquentes
Pourquoi ma facture d’électricité augmente-t-elle pendant une canicule ?
Parce que la climatisation tourne plus longtemps et plus fort. C’est le poste qui explose pendant une vague de chaleur. RTE estime qu’au niveau national, chaque degré supplémentaire en été ajoute de l’ordre de 0,7 à 1 GW de consommation, principalement à cause de la climatisation. Sur votre facture, l’effet se voit directement sur les kWh consommés en juillet et août.
De combien la climatisation augmente-t-elle la consommation ?
Beaucoup dépend du réglage. Selon l’ADEME, baisser la consigne d’un degré augmente la consommation d’environ 7 %. Régler la climatisation à 26 °C plutôt qu’à 23 °C divise la consommation par environ trois. C’est le levier le plus efficace et le moins coûteux pour limiter le surcoût d’une canicule.
Le prix de l’électricité augmente-t-il aussi en 2026 ?
Oui, légèrement, en plus de l’effet canicule. Les tarifs d’utilisation des réseaux (TURPE) évoluent d’environ +3 % pour la distribution au 1er août 2026 selon la CRE, ce qui se répercute sur les factures professionnelles. L’effet volume de la climatisation reste toutefois le principal moteur de la hausse de l’été.
Comment limiter le pic de consommation pendant une vague de chaleur ?
En réglant la climatisation à 26 °C, en entretenant les filtres, en fermant les protections solaires le jour et en aérant la nuit. On peut aussi décaler certains usages (lave-vaisselle, recharge, gros équipements) hors des heures les plus chaudes de l’après-midi, quand la demande et parfois le prix sont les plus élevés.
La canicule fait-elle courir un risque de coupure d’électricité ?
Le réseau est dimensionné pour ces pointes et RTE a indiqué qu’une canicule estivale n’appelle pas de vigilance particulière sur la sécurité d’approvisionnement, la pointe de consommation restant bien inférieure à celle de l’hiver. Le vrai sujet pour une entreprise n’est donc pas la coupure, mais le coût.