130 à 407

C’est l’écart de consommation énergétique au m² d’un local tertiaire selon l’activité, en kWh par mètre carré et par an. Un bureau et un restaurant de même surface ne jouent pas dans la même catégorie, et se comparer au mauvais repère mène à de fausses conclusions.

Cet article rassemble les repères de consommation par secteur, explique pourquoi ils varient autant, et montre comment situer votre local pour savoir si vous consommez trop.

Comment se mesure la consommation d’un local

La consommation d’un bâtiment se mesure en kWh/m²/an : le nombre de kilowattheures d’énergie consommés dans l’année, divisé par la surface exploitée. C’est l’indicateur qui permet de comparer deux locaux de tailles différentes sur une base commune.

Une précision utile : la plupart des repères sont exprimés en énergie finale, c’est-à-dire l’énergie facturée telle qu’elle entre dans le bâtiment (électricité, gaz), avant les coefficients de conversion en énergie primaire utilisés par le DPE. Pour se comparer, il faut donc prendre sa consommation en kWh sur les factures, toutes énergies confondues, et la diviser par la surface. Un local de 300 m² qui consomme 45 000 kWh par an affiche 150 kWh/m²/an. À 0,20 € le kWh toutes taxes comprises, ces 45 000 kWh représentent environ 9 000 € par an : un budget qui mérite qu’on sache où il se situe.

Les repères de consommation par secteur

Le tableau ci-dessous rassemble des repères indicatifs par typologie. Ils donnent un ordre de grandeur, pas une norme : votre chiffre dépend de votre bâtiment, de vos horaires et de vos équipements.

Consommation indicative au m² par typologie de local tertiaire Barres horizontales : bureau 146, commerce non alimentaire 168, santé 221, hôtel 269, salon de coiffure 335, commerce alimentaire 380, restaurant 407 kWh par m² et par an. Repères de consommation par secteur (kWh/m²/an) Énergie finale, ordres de grandeur indicatifs Bureau 146 Commerce non alim. 168 Santé (soin) 221 Hôtellerie 269 Salon de coiffure 335 Commerce alimentaire 380 Restauration 407 Sources : OID (bureaux, santé), ADEME et arrêté du 28 novembre 2023 (commerce), médianes sectorielles (hôtel, restaurant, alimentaire, coiffure). Repères indicatifs.
Repères médians indicatifs. Un même local peut s'écarter fortement de sa médiane selon son âge, ses horaires et ses équipements.
Typologie Repère indicatif (kWh/m²/an) Ce qui tire la consommation
BureauRepère130 à 150FacteurChauffage, climatisation, bureautique
Commerce non alimentaireRepère125 à 168FacteurÉclairage, chauffage, climatisation
Santé (cabinet, clinique)Repère200 à 221FacteurVentilation, équipements, eau chaude
HôtellerieRepère241 à 269FacteurEau chaude, chauffage, blanchisserie
Salon de coiffureRepère~335FacteurEau chaude des bacs, séchoirs
Commerce alimentaireRepèrejusqu'à ~380FacteurFroid alimentaire 24h/24
RestaurationRepère~407, jusqu'à 650+FacteurCuisson, extraction, froid

Sources : bureaux et santé selon l’Observatoire de l’immobilier durable (OID) ; commerce non alimentaire selon l’ADEME et la valeur absolue de l’arrêté du 28 novembre 2023 ; hôtellerie, restauration, commerce alimentaire et coiffure d’après les médianes sectorielles reprises dans nos articles dédiés.

Ces écarts ont un coût très concret. Un écart de 100 kWh/m²/an, sur un local de 300 m², représente 30 000 kWh, soit de l’ordre de 6 000 € par an : c’est ce que peut coûter le fait de se situer du mauvais côté de la médiane de son secteur.

Pourquoi ces repères varient autant

Deux locaux du même secteur peuvent afficher des chiffres très différents. Trois facteurs l’expliquent.

Le premier est l’usage. Un restaurant cuit et extrait de l’air chaud toute la journée, un commerce alimentaire fait tourner son froid 24 heures sur 24, un bureau s’arrête le soir. Ces usages structurent la consommation bien plus que la surface. C’est pourquoi la facture d’un restaurant n’a rien à voir avec celle d’un bureau.

Le deuxième est l’âge et l’état du bâtiment. Un local isolé, avec des équipements récents et bien réglés, consomme deux fois moins qu’un local ancien à la même activité. À surface et activité égales, cet écart se chiffre couramment à 3 000 à 6 000 € de facture annuelle en plus pour le local ancien. C’est ce qui explique l’écart entre les sources. L’OID mesure un parc plutôt récent et suivi, autour de 130 à 150 kWh/m²/an pour les bureaux ; les moyennes de l’ADEME et du CEREN, qui couvrent l’ensemble du parc y compris l’ancien, ressortent plus haut, autour de 200 kWh/m²/an. Aucune n’a tort : elles ne mesurent pas le même échantillon. Retenez l’ordre de grandeur, pas la décimale.

Le troisième est le périmètre de mesure. Certaines études comptent les parties communes, d’autres non ; certaines isolent la part du bailleur. D’où l’intérêt de comparer votre chiffre à un repère de même nature, et de le prendre pour ce qu’il est : une boussole, pas un verdict.

Comment vous situer par rapport à votre secteur

La méthode tient en trois étapes. D’abord, additionnez vos consommations annuelles, toutes énergies confondues, en kWh (électricité et gaz sur douze mois de factures). Ensuite, divisez par la surface exploitée de votre local. Enfin, comparez le résultat au repère de votre activité dans le tableau ci-dessus.

Trois cas de figure. Si vous êtes sous la médiane de votre secteur, votre local est bien géré : les marges existent, mais elles sont fines. Si vous êtes autour de la médiane, vous êtes dans la norme, avec un gisement classique de 15 à 25 % à aller chercher par le réglage et l’entretien (ADEME, 2024). Si vous êtes nettement au-dessus, c’est le signal d’un problème identifiable : équipement ancien, réglage absent, déperditions. C’est là que le potentiel d’économies est le plus fort.

Un exemple concret. Un commerce de 250 m² qui consomme 60 000 kWh par an affiche 240 kWh/m²/an. Pour un commerce non alimentaire dont le repère tourne autour de 150, c’est presque le double : le local consomme trop, et l’écart désigne un gisement de l’ordre de 5 000 à 8 000 € par an. À l’inverse, le même chiffre serait normal pour un commerce alimentaire équipé en froid.

Du repère à l’action

Un repère ne fait pas économiser un euro. Il sert à savoir si le sujet mérite qu’on s’y attarde, et à hiérarchiser. Un local dans la moyenne haute de son secteur a presque toujours un retour rapide sur les premiers leviers : réglage, programmation, entretien, éclairage. Sur un local de quelques centaines de mètres carrés, ces premiers gestes rapportent souvent 1 000 à 5 000 € par an, pour un investissement modéré et un retour de moins de trois ans.

Se comparer est le point de départ, mais chaque secteur a ses postes prioritaires. Le froid pour un commerce alimentaire, la ventilation et l’eau chaude pour une salle de sport, la cuisson pour un restaurant, l’eau chaude pour un hôtel. Le bon repère indique la catégorie ; le bon diagnostic indique le geste.

C’est exactement ce que fait un pré-diagnostic énergétique gratuit : il prend votre consommation réelle, la rapporte à votre surface, la compare aux références de votre secteur, et chiffre le gisement en quelques minutes. Un local de moins de 1 000 m² n’a aucune obligation réglementaire de réduction, mais tout intérêt économique à savoir où il se situe.

Votre bâtiment tertiaire consomme-t-il trop ?

Comparez votre consommation aux références de votre secteur. Résultat gratuit en PDF, en 3 minutes, sans engagement.

Lancer le pré-diagnostic gratuit

Questions fréquentes

Combien consomme un local tertiaire au m² par an ?

Cela dépend fortement de l’activité. Un bureau tourne autour de 130 à 150 kWh/m²/an d’énergie finale (OID), un commerce non alimentaire autour de 125 à 168 kWh/m²/an, un hôtel 240 à 270, et un restaurant peut dépasser 400 kWh/m²/an à cause de la cuisson. Ce sont des repères indicatifs, à comparer à vos factures réelles.

Quelle est la consommation moyenne d’un bureau au m² ?

Un bureau standard consomme de l’ordre de 130 à 150 kWh/m²/an d’énergie finale selon l’Observatoire de l’immobilier durable (OID). Les moyennes toutes énergies de l’ADEME, qui couvrent aussi le parc ancien, ressortent plus haut, autour de 200 kWh/m²/an. L’écart tient surtout à l’âge et à l’état du bâtiment.

Comment savoir si je consomme trop d’énergie ?

Divisez votre consommation annuelle en kWh par la surface de votre local, puis comparez le résultat au repère de votre secteur. Si vous êtes nettement au-dessus de la médiane, vous avez un gisement d’économies à explorer. Un pré-diagnostic gratuit fait ce calcul et le compare aux références de votre activité.

Qu’est-ce qu’une bonne performance en kWh/m² ?

Une bonne performance, c’est se situer sous la médiane de votre secteur à confort et activité équivalents. Un bureau sous 130 kWh/m²/an ou un commerce non alimentaire proche de la valeur de référence de 125 kWh/m²/an sont bien placés (arrêté du 28 novembre 2023). L’important est la comparaison à votre typologie, pas un chiffre absolu universel.

Le décret tertiaire fixe-t-il un seuil de consommation au m² ?

Le décret tertiaire fixe des valeurs absolues cibles par activité (par exemple 125 kWh/m²/an pour un commerce non alimentaire, arrêté du 28 novembre 2023), mais uniquement pour les bâtiments de plus de 1 000 m². En dessous de ce seuil, aucun objectif réglementaire ne s’applique : les repères servent alors seulement à se situer.