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C’est l’écart de consommation entre sécher une charge de linge et la laver, selon l’ADEME. Sur la facture d’énergie d’une laverie automatique, ce rapport décide de presque tout : le sèche-linge absorbe la plus grosse part des kWh, et la consommation électrique de la laverie suit directement le nombre de cycles vendus.
C’est ce qui rend ce métier différent d’un commerce classique. Pas de personnel en permanence, peu de surface, mais un chiffre d’affaires adossé au compteur. Cet article suit les kWh poste par poste, chiffre le coût énergétique d’un cycle, et détaille les leviers qui protègent la marge quand le prix du kWh monte.
Où part la facture d’énergie d’une laverie automatique
Deux usages produisent de la chaleur, et ce sont eux qui portent la facture : le séchage et le chauffage de l’eau de lavage. Tout le reste, éclairage compris, arrive derrière.
L’ADEME donne le rapport de force sur les appareils domestiques : un sèche-linge consomme en moyenne trois fois plus d’énergie qu’un lave-linge, et un modèle à condensation de classe B qui tourne 1 h 30 consomme 1,6 kWh par cycle (ADEME, appareils qui consomment le plus d’électricité). Ces valeurs portent sur des machines de 7 kg, pas sur les 8 à 18 kg d’une laverie en libre-service : les vôtres consomment davantage par cycle. Le rapport entre séchage et lavage, lui, se retrouve, parce qu’il tient à la physique et non à la taille du tambour.
La raison est simple. Essorer, c’est chasser l’eau par la force. Sécher, c’est la faire changer d’état, ce qui réclame de la chaleur pendant tout le cycle. Un local de 40 à 100 m² qui aligne quatre lave-linge et trois sèche-linge concentre donc l’essentiel de sa dépense sur trois appareils.
Converti au prix payé par les petites entreprises, 0,22 €/kWh (SDES, premier semestre 2025), ce séchage domestique de 1,6 kWh revient à 0,35 € d’électricité, contre environ 0,11 € pour le lavage.
Le schéma ci-dessous montre la répartition indicative de la consommation d’une laverie en libre-service.
Pour situer votre local par rapport aux autres activités tertiaires, le baromètre de consommation d’énergie par secteur donne les repères en kWh par m² et par an.
Eau froide ou eau chaude : le lavage n’a pas un seul prix
Un lave-linge professionnel peut se raccorder de deux façons. En eau froide seule : la machine remplit sa cuve et chauffe le bain elle-même, avec une résistance électrique. En eau froide et eau chaude : elle puise dans une production d’eau chaude sanitaire (ECS) déjà constituée, et ne chauffe qu’en appoint.
L’écart ne se voit pas sur le cycle, il se voit sur le compteur. Dans le premier cas, chaque degré de montée en température est payé au prix de l’électricité. Dans le second, il est payé au prix de l’énergie qui alimente votre ballon, avec un rendement qui peut être bien meilleur : un chauffe-eau thermodynamique produit trois kWh de chaleur pour un kWh d’électricité consommé (ADEME). C’est le sujet que nous détaillons dans notre article sur le coût de l’eau chaude sanitaire en local professionnel.
Reste le levier qui ne coûte rien : la température programmée. Un lavage à 30 °C consomme trois fois moins d’énergie qu’un lavage à 90 °C (ADEME, astuces pour économiser l’énergie). Dans une laverie en libre-service, c’est vous qui décidez des programmes proposés au monnayeur, pas le client.
Mesurons l’enjeu. Vingt lavages par jour, 365 jours par an, à 0,11 € d’électricité le cycle moyen, cela fait 803 € sur l’année. Le rapport de trois entre un programme à 30 °C et un programme à 90 °C se joue à l’intérieur de cette somme. Le choix des températures affichées est donc un arbitrage économique, pas un détail d’ergonomie.
Dans une laverie automatique, le sèche-linge décide de la facture
L’essorage (la phase où le tambour tourne à grande vitesse pour extraire l’eau par la force centrifuge) est le meilleur allié de votre facture. L’ADEME est explicite sur le rapport : l’extraction mécanique de l’humidité est 100 fois plus économique que l’extraction thermique, et elle recommande d’essorer à 1 000 ou 1 400 tours par minute pour raccourcir le séchage (ADEME, entretien du linge). Chaque litre d’eau retiré par le tambour est un litre que le sèche-linge n’aura pas à évaporer.
Vient ensuite le choix de l’énergie du séchoir. Au premier semestre 2025, les entreprises de la bande 0,02 à 0,5 GWh payaient 221 €/MWh d’électricité, soit 0,22 €/kWh, quand les petites entreprises consommatrices de gaz payaient 86 €/MWh (SDES, prix du gaz et de l’électricité au premier semestre 2025). Prix hors TVA, dans les deux cas. Le kWh de gaz revient donc environ 2,5 fois moins cher que le kWh d’électricité.
Une précaution sur ce chiffre : la bande de gaz publiée par le SDES démarre à 278 MWh par an, au-dessus de ce que consomme une laverie de quartier. En dessous de ce volume, le kWh de gaz se paie généralement plus cher, et l’écart réel se resserre.
Cet écart ne tranche donc pas le débat à lui seul. Un sèche-linge électrique à pompe à chaleur (il recycle la chaleur de l’air rejeté au lieu de la perdre) consomme nettement moins de kWh qu’un séchoir électrique à évacuation, ce qui rattrape une partie de l’écart de prix. Le gaz, lui, suppose un raccordement, un contrôle des rejets et un entretien dédiés. Le bon calcul se fait sur le coût du cycle, pas sur le prix de l’énergie pris isolément.
Quatre machines qui démarrent ensemble : la puissance que vous payez toute l’année
Une laverie en libre-service n’a pas de courbe de charge régulière. Le samedi matin, quatre lave-linge peuvent lancer leur chauffe au même moment, pendant que deux séchoirs tournent déjà. C’est ce pic qui fixe votre puissance souscrite (le maximum que votre compteur accepte, exprimé en kVA, kilovoltampères), et donc l’abonnement que vous réglez douze mois sur douze.
Deux erreurs symétriques coûtent cher. Une puissance trop basse déclenche des coupures aux heures de pointe, c’est-à-dire exactement quand vous vendez. Une puissance trop haute fait payer toute l’année une capacité utilisée trois heures par semaine. Le sujet mérite un relevé réel, pas une estimation à l’installation : nous en détaillons la méthode dans notre article sur la puissance souscrite d’un local professionnel.
Le contrat compte d’autant plus que votre bande de consommation est celle qui paie le kWh le plus cher. Au premier semestre 2025, les entreprises consommant entre 0,02 et 0,5 GWh payaient 221 €/MWh, contre 156 €/MWh en moyenne pour l’ensemble des entreprises (SDES). Soit 42 % de plus par kWh, à usage identique. Une laverie se situe presque toujours dans cette bande.
Un local ouvert 7 j/7 : la part fixe de la consommation électrique d’une laverie
Le libre-service a une conséquence directe sur la facture : le local vit sans personnel, souvent de 7 h à 22 h, parfois sept jours sur sept. Éclairage, ventilation, chauffage d’appoint et veille des machines tournent alors bien au-delà des horaires d’un commerce classique.
Le calcul se refait en une ligne. Un seul kW d’éclairage allumé 15 h par jour, 7 jours sur 7, tourne 5 475 heures par an. À 0,22 €/kWh (SDES, premier semestre 2025), cela représente environ 1 200 € par an, pour un poste que personne ne regarde. Doublez la puissance installée, vous doublez la somme.
Au fond. Ce poste est le seul de la laverie qui ne rapporte rien quand il tourne à vide. Une horloge qui aligne l’éclairage sur les horaires réels, des détecteurs de présence dans la zone de pliage et un passage en LED sont les gestes à retour le plus court, avec des ordres de grandeur de marché situés sous l’année pour la commande d’éclairage. Notre article sur le retour sur investissement de l’éclairage LED en commerce détaille les fourchettes.
Un cycle vendu à prix fixe, une marge indexée sur le kWh
Voilà ce qui distingue vraiment ce métier. Le prix affiché sur le monnayeur est fixe pendant des mois. Le coût énergétique du cycle, lui, bouge à chaque révision de contrat. Entre les deux, votre marge absorbe l’écart.
La chaîne se refait en une ligne, avec une seule inconnue, le volume :
cycles par jour × 365 × kWh par cycle × 0,22 €/kWh = € par an
Trente séchages par jour, à 3,2 kWh le cycle, donnent 35 040 kWh sur l’année, soit environ 7 700 € d’électricité pour le seul séchage. Une hausse de 10 % du prix du kWh ajoute 770 € par an, à volume strictement identique. Aucun cycle supplémentaire vendu, aucune machine changée : juste une ligne de résultat qui se réduit.
C’est pour cette raison que les leviers gratuits comptent plus ici qu’ailleurs. Un filtre à peluches encrassé allonge le temps de séchage et gonfle chaque cycle vendu. Un essorage mal réglé transfère au séchoir un travail que le tambour aurait fait pour presque rien. Ces gestes ne se voient pas dans le local, ils se voient sur douze mois de factures.
Votre laverie fait moins de 1 000 m² : le décret tertiaire ne vous impose aucune trajectoire de réduction, et vous agissez uniquement par intérêt économique. Le point de départ ne coûte rien. Relevez votre consommation annuelle, divisez-la par le nombre de cycles vendus, et vous saurez ce que l’énergie coûte réellement à chaque passage en caisse. Un pré-diagnostic énergétique gratuit situe ensuite votre local par rapport aux références de son secteur et hiérarchise les postes à traiter.
Si vous exploitez aussi une activité de nettoyage à sec ou de repassage à côté du libre-service, la mécanique change : la vapeur devient le premier poste, comme nous le détaillons dans notre analyse de la facture d’énergie d’un pressing.
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Questions fréquentes
Combien consomme une laverie automatique en électricité ?
Il n’existe pas de moyenne publique par local : la consommation suit le nombre de cycles vendus. Elle se calcule directement, cycles par jour × 365 × kWh par cycle × 0,22 €/kWh (prix de l’électricité des petites entreprises, SDES premier semestre 2025). Le séchage porte l’essentiel : l’ADEME retient 1,6 kWh pour un séchage domestique de 1 h 30, et un sèche-linge consomme en moyenne trois fois plus qu’un lave-linge.
Quel est le poste le plus énergivore dans une laverie automatique ?
Le séchage, sans concurrence. Un sèche-linge consomme en moyenne trois fois plus d’énergie qu’un lave-linge (ADEME), parce qu’évaporer l’eau du linge demande de la chaleur alors que l’essorage l’extrait mécaniquement. L’ADEME chiffre l’extraction mécanique comme 100 fois plus économique que l’extraction thermique.
Sèche-linge gaz ou électrique pour une laverie : lequel coûte le moins cher à l’usage ?
Au prix du kWh, le gaz part avec un net avantage : 86 €/MWh pour les petites entreprises consommatrices contre 221 €/MWh d’électricité pour la bande 0,02 à 0,5 GWh, au premier semestre 2025 (SDES). Soit environ 2,5 fois moins cher par kWh. L’écart se réduit avec un sèche-linge électrique à pompe à chaleur, et le gaz suppose un raccordement, un contrôle des rejets et un entretien dédiés.
Faut-il alimenter les lave-linge en eau chaude dans une laverie ?
Cela dépend du coût de votre eau chaude. Une machine alimentée en eau froide chauffe elle-même son bain avec une résistance électrique ; une machine raccordée à une production d’eau chaude centralisée déplace ce besoin vers l’énergie la moins chère. Le levier gratuit reste la température de lavage : l’ADEME indique qu’un lavage à 30 °C consomme trois fois moins d’énergie qu’un lavage à 90 °C.
Comment réduire la facture d’énergie d’une laverie automatique ?
Trois leviers avant tout investissement : soigner l’essorage pour raccourcir le séchage, nettoyer les filtres à peluches à chaque tournée, et piloter l’éclairage du local. Un seul kW d’éclairage laissé allumé 15 h par jour, 7 jours sur 7, coûte environ 1 200 € par an à 0,22 €/kWh (SDES 2025). Le remplacement des machines vient après, au moment d’un renouvellement.