+7,4 %

C’est la hausse du prix repère du gaz au 1er juillet 2026, selon la Commission de régulation de l’énergie (CRE, 2026). Un mois plus tard, au 1er août, c’est au tour de l’électricité de grimper. Pour un local professionnel qui chauffe, cuit, réfrigère ou climatise, ces deux hausses de l’énergie de l’été 2026 se cumulent sur la même facture, et une partie ne dépend pas du tout de votre fournisseur.

Cet article détaille ce qui augmente vraiment, ce qui s’applique quel que soit votre contrat, et les deux leviers concrets pour amortir le choc avant l’automne.

Gaz : +7,4 % dès le 1er juillet 2026

Le prix repère de vente du gaz publié chaque mois par la CRE progresse de 7,4 % TTC en moyenne au 1er juillet 2026, passant de 152,86 à 164,21 euros par MWh (CRE, 2026). Le prix repère est l’indicateur de référence que la CRE calcule pour objectiver le juste prix du gaz ; beaucoup d’offres professionnelles y sont indexées.

Cette hausse ne vient pas d’une seule cause. Elle cumule la remontée des coûts d’approvisionnement sur les marchés, la révision des tarifs de réseau (l’ATRD, le tarif d’acheminement du gaz dans les canalisations de distribution, augmente de 5,87 %) et la mise en place de la péréquation gazière, une grille de distribution désormais unique partout en France.

Concrètement, pour un restaurant ou une boulangerie qui cuit au gaz, ou un hôtel qui produit son eau chaude au gaz, cette hausse frappe un poste déjà lourd. Un commerce de bouche dont la facture de gaz atteint 6 000 € par an voit cette dépense grimper d’environ 440 € sur douze mois, à consommation identique. Ce surcoût est subi : il ne dépend ni de votre effort ni de votre confort, juste du calendrier.

La bonne question n’est donc pas de subir le prix, mais de vérifier combien de kWh partent en pure perte : une chaudière mal réglée, un ballon d’eau chaude surdimensionné, une cuisson qui chauffe à vide entre deux services. C’est exactement la logique de notre analyse des postes de dépense d’une facture d’électricité de local commercial : on ne pilote bien que ce qu’on a mesuré.

Électricité : +2,5 % au 1er août 2026

Côté électricité, rien ne bouge au 1er juillet. La prochaine étape est fixée au 1er août 2026. Le tarif de réseau, le TURPE (Tarif d’utilisation des réseaux publics d’électricité, la part de la facture qui rémunère l’acheminement par Enedis et RTE), augmente d’environ 3 % pour les entreprises raccordées en basse et moyenne tension (CRE, 2026).

Au total, la CRE a fixé une hausse de 2,5 % TTC du tarif réglementé de vente d’électricité au 1er août 2026 (CRE, 2026). Cette hausse ne se limite pas au réseau : elle combine la progression du TURPE et l’intégration du nouveau mécanisme de capacité. Les offres de marché, très majoritaires chez les professionnels, suivent généralement la même mécanique, puisque le réseau et cette composante s’appliquent à toutes les factures.

À cela s’ajoute la fiscalité. L’accise sur l’électricité (l’ex-CSPE, la taxe qui s’applique à chaque MWh consommé) est fixée à 26,58 euros par MWh pour les professionnels et industriels depuis le 1er février 2026. Sur un commerce qui consomme 40 000 kWh par an, cette accise pèse à elle seule plus de 1 060 €, avant même le prix du kWh et l’abonnement.

Additionnée à cette fiscalité, la facture d’électricité d’un local moyen peut donc progresser de l’ordre de 2 à 3 % dès l’automne, soit 250 à 350 € par an sur une facture de 12 000 €. C’est modéré pris isolément, mais cela s’ajoute à la hausse du gaz de juillet. Un point que confirme la logique de fond de la renégociation d’un contrat d’électricité professionnel : une partie de la facture est incompressible, l’autre se pilote.

Ce qui s’applique quel que soit votre fournisseur

Voici le point que beaucoup de gérants découvrent trop tard. Une facture d’énergie se compose de trois blocs : la fourniture (le kWh vendu par votre fournisseur), l’acheminement (le réseau, TURPE ou ATRD) et les taxes.

Le schéma ci-dessous montre où se logent les hausses de l’été 2026 sur une facture d’électricité type d’un local professionnel.

Ce qui augmente sur la facture d'énergie de l'été 2026

Barres comparant les hausses : gaz prix repère plus 7,4 pour cent au 1er juillet, réseau électricité TURPE plus 3 pour cent au 1er août, tarif réglementé électricité plus 2,5 pour cent au 1er août.

Les hausses de l'énergie de l'été 2026

Variation moyenne annoncée par la CRE, en pourcentage

  • Gaz - prix repère (1er juillet)

    +7,4 %

  • Électricité - réseau TURPE (1er août)

    +3 %

  • Électricité - tarif réglementé (1er août)

    +2,5 %

Le réseau et les taxes s'appliquent à toutes les offres, quel que soit le fournisseur.

Source : Commission de régulation de l'énergie (CRE), délibérations 2026.

Le réseau (TURPE, ATRD) et les taxes ne se négocient pas : ils augmentent pour tout le monde. Seule la part fourniture dépend de votre contrat. Source : CRE, 2026.

La conséquence pratique est simple. Changer de fournisseur peut jouer sur la part fourniture, mais ni le réseau ni les taxes ne disparaissent en signant ailleurs. Sur une facture d’électricité de 12 000 € par an, le réseau et les taxes en représentent souvent 4 000 à 5 000 €, entièrement hors de votre contrôle contractuel.

Le seul poste sur lequel vous avez la main à 100 %, c’est le nombre de kWh que votre local consomme. Chaque kWh évité vous fait économiser à la fois sur la fourniture, sur le réseau et sur les taxes, puisque les trois se calculent sur la quantité consommée. C’est ce qui rend la sobriété plus rentable qu’un simple changement d’offre.

Deux leviers pour amortir le choc

Parlons clair. Face à une hausse qui vient à la fois du gaz, du réseau et des taxes, un seul réflexe suffisant n’existe pas. Deux leviers se cumulent.

Le premier, c’est réduire la consommation. Sur un local mal réglé, l’ADEME estime que 15 à 25 % de l’énergie part en pure perte : climatisation qui tourne fenêtres ouvertes, chauffage non programmé, éclairage allumé la nuit, équipements en veille permanente. Ce sont des kWh payés au prix fort sans aucun service rendu. Sur une facture de 12 000 € par an, récupérer 20 % représente 2 400 €, chaque année, indépendamment du prix du kWh.

Le second, c’est ajuster le contrat. Vérifier la puissance souscrite (souvent surdimensionnée), comparer les offres à l’échéance, et regarder la structure tarifaire. Un contrat à prix fixe protège d’une hausse, mais entraîne mécaniquement un coût de fermeté quand le marché baisse : ce n’est ni bon ni mauvais en soi, cela dépend de votre exposition. L’ajustement contractuel peut rendre 300 à 900 € par an sans le moindre travaux.

Ces deux leviers ne s’opposent pas, ils s’additionnent. Et le premier a un avantage décisif : une économie de kWh vaut plus cher chaque fois que le prix monte. Réduire sa consommation en 2026, c’est se protéger des hausses de 2027.

Par où commencer concrètement

Le point de départ ne coûte rien : relevez votre facture annuelle et rapportez-la à votre surface, en kWh par mètre carré. Ce ratio situe immédiatement votre local par rapport aux références de votre secteur. Un commerce sec tourne autour de 300 kWh/m²/an ; au-delà, il y a presque toujours un gisement d’économies (ADEME).

Ensuite, ciblez le poste dominant. Il varie selon le métier : le froid dans un commerce alimentaire, la cuisson dans un restaurant, la climatisation dans un bureau, l’eau chaude dans un salon ou un hôtel. Agir sur le premier poste rapporte plus que dix petits gestes dispersés. Sur un local de 250 m², traiter le poste dominant permet souvent de récupérer 1 500 à 3 000 € par an, là où les écogestes de surface plafonnent à quelques centaines d’euros.

Pour un local de moins de 1 000 m², rappelons qu’il n’existe aucune obligation réglementaire de réduction : le décret tertiaire (l’obligation de baisse de consommation pour les bâtiments tertiaires) ne s’applique qu’à partir de ce seuil, compté sur le bâtiment ou le site quand il accueille d’autres activités tertiaires. Vous agissez donc uniquement par intérêt économique, sans contrainte administrative. Pour savoir où se cache votre gisement, le pré-diagnostic énergétique gratuit compare votre consommation aux références de votre secteur en quelques minutes.