De l’ordre de 4 800 à 8 300 € HT C’est ce que paie par an un local commercial de 300 m² tout électrique. Le calcul : 300 m² × 101 à 173 kWh/m²/an, médiane et haut de la fourchette courante des commerces, × environ 0,16 € HT le kWh, hors abonnement (prix de référence de notre outil, août 2026). Ce que la plupart des gérants ignorent : cette somme se répartit sur 5 postes distincts, et chacun peut être réduit indépendamment, sans attendre une rénovation complète.

Voici les 5 postes qui pèsent le plus lourd, avec les montants réels et les premières actions concrètes.

La puissance souscrite : une ligne fixe sur votre facture électricité

La puissance souscrite, c’est le contrat signé avec votre fournisseur d’électricité. Vous payez pour un niveau de puissance maximum - exprimé en kVA - qu’elle soit utilisée ou non. Au-dessus de 36 kVA, chaque dépassement de ce plafond est facturé en plus.

Le problème est double. D’un côté, beaucoup de locaux ont une puissance souscrite trop élevée par rapport à leur usage réel - l’abonnement gonfle inutilement. De l’autre, certains locaux de plus de 36 kVA dépassent régulièrement leur plafond sans le savoir, et ces dépassements s’ajoutent à la facture.

Le gain se calcule. 12 kVA de trop coûtent 125 à 150 € par an sur la seule part réseau (12 kVA × 10,42 à 12,49 €/kVA/an, option à 4 plages, courte ou moyenne utilisation, CRE, délibération n° 2026-105), et davantage avec la part du fournisseur. C’est souvent le premier levier à actionner avant même de toucher aux équipements. La démarche est simple : consulter la puissance maximale appelée sur les 12 derniers mois (visible sur votre espace client fournisseur ou sur vos factures de décompte annuel), puis renégocier le contrat. Un ajustement bien fait s’amortit en quelques semaines. Nous détaillons cette démarche, cran par cran, dans notre guide sur la puissance souscrite d’un local professionnel.

Cet abonnement n’est toutefois qu’une brique de la facture. Pour distinguer ce qui se négocie vraiment de ce qui est réglementé à l’identique pour tous, voyez notre décryptage des taxes d’une facture d’électricité professionnelle en 2026.

Avant d’entrer dans le détail des 4 autres postes, voici comment se répartit la facture électrique d’un commerce non-alimentaire de 300 m² typique.

Répartition des postes - commerce non-alimentaire 300 m²

Où va la facture électricité d'un commerce de 300 m²

FACTURE ANNUELLE ≈ 4 800 € HT, commerce 300 m², à la médiane

  • Éclairage 30 %
  • Chauffage + climatisation 30 %
  • Ventilation 10 %
  • Autres usages 30 %

Éclairage et thermique représentent 60 % de la facture. C'est là que se trouvent les leviers les plus rapides.

Sources : Repères de consommation, base ADEME (médiane de 101 kWh/m²/an pour un commerce, toutes énergies confondues), environ 0,16 € HT le kWh, hors abonnement (prix de référence de notre outil, août 2026) : 300 m² × 101 kWh/m²/an × environ 0,16 € = environ 4 800 € HT. Répartition indicative de notre outil pour la facture d'électricité. "Autres usages" regroupe eau chaude, équipements actifs, veilles et appoints divers.

L’éclairage : 30 à 50 % de la facture électricité d’un local commercial

L’éclairage est le poste le plus sous-estimé. Dans un commerce de 300 m², il représente 30 à 50 % de la consommation électrique totale - un chiffre que la plupart des gérants n’imaginent pas.

La raison : des spots halogènes ou des tubes fluorescents allumés 10 à 12 heures par jour accumulent des montants considérables. Un local avec 80 spots halogènes de 50 W allumés 10 à 12 heures par jour consomme chaque année 14 600 à 17 520 kWh rien que sur l’éclairage (4 kW × 10 à 12 h × 365 jours), soit environ 2 300 à 2 800 € HT à environ 0,16 € HT le kWh, hors abonnement.

Le passage complet en LED change cette ligne radicalement. Une LED équivalente consomme 7 à 8 W là où l’halogène en consommait 50. Sur 80 spots remplacés (matériel et pose installateur compris, soit environ 2 800 € à 35 € le spot), l’économie atteint environ 2 000 à 2 400 € HT par an (80 × 42 à 43 W × 10 à 12 h × 365 jours × environ 0,16 € HT le kWh), soit un retour de l’ordre de 14 à 17 mois, à confirmer par devis. Au-delà, les économies sont nettes chaque année et la durée de vie d’une LED dépasse 25 000 heures, soit plus de 8 ans à raison de 8 heures par jour.

Les vitrines sont souvent négligées dans ce calcul. Allumées 14 à 16 heures par jour, parfois 7 jours sur 7, elles peuvent représenter à elles seules 600 à 900 €/an. Les détecteurs de présence dans les zones de stockage et les sanitaires ajoutent encore 200 à 400 €/an d’économies supplémentaires, pour un investissement inférieur à 300 €.

Pour estimer votre cas en 30 secondes, ajustez la surface et le niveau de consommation de votre local ci-dessous.

Pourquoi la climatisation progresse-t-elle le plus vite sur la facture ?

La climatisation est devenue en dix ans un poste majeur dans la plupart des locaux commerciaux. Les étés plus chauds allongent la saison, les équipements vieillissants consomment de plus en plus, et deux erreurs multiplient les heures de fonctionnement inutile.

La première : climatiser avec des fenêtres ou la porte d’entrée ouvertes. Un climatiseur qui compense les entrées d’air chaud consomme 40 à 60 % de plus qu’en conditions normales. Sur un commerce de 300 m², c’est 800 à 1 500 €/an de surconsommation directement évitable.

La seconde : des filtres jamais entretenus. Des filtres encrassés réduisent le rendement d’un climatiseur de 10 à 25 %. Un entretien annuel coûte 80 à 150 € par unité. Sur un local avec 3 splits, c’est 400 à 500 € d’entretien pour éviter 1 500 à 2 500 € de surconsommation.

Régler la consigne à 25 °C plutôt que 21 °C en été réduit la consommation de climatisation de 12 à 16 %. C’est le réglage le plus simple et le plus souvent ignoré. Sur les vitrines très exposées au soleil, un film solaire (15 à 30 €/m²) réduit les besoins de climatisation de 20 à 30 % et s’amortit sur un seul été.

Le chauffage électrique : les convecteurs qui tournent pour rien

Dans les locaux équipés de convecteurs électriques, le chauffage peut représenter 20 à 35 % de la facture annuelle selon la région et la qualité de l’enveloppe du bâtiment. Ce poste est rarement optimisé.

Le premier levier : le pilotage horaire. Un convecteur laissé en mode confort le soir, la nuit et le week-end consomme pour rien. Un thermostat programmable à 25-30 € par unité, correctement réglé sur des plages hors occupation, réduit la consommation de chauffage de 15 à 25 % dès la première saison. Sur une facture chauffage de 2 000 €/an, c’est 300 à 500 € récupérés immédiatement.

Le second : la température de consigne. Passer de 20 °C à 19 °C réduit la consommation de chauffage de 5 à 10 % selon le bâtiment (repère ADEME établi sur le logement). Pris seul, l’effet est modeste. Combiné aux plages horaires et à la mise en hors-gel les nuits très froides plutôt qu’à 19 °C, le cumul devient significatif sur une facture annuelle.

Dans les locaux avec de grandes baies vitrées exposées au nord, la déperdition thermique est souvent le vrai problème - pas le chauffage lui-même. Traiter l’enveloppe réduit la cause plutôt que d’agir sur les symptômes.

Combien coûtent les équipements en veille ?

La consommation en veille est le poste le moins visible. Caisses, terminaux de paiement, écrans d’affichage, systèmes de sécurité, box internet, enseignes lumineuses - chaque équipement branché consomme en permanence, même éteint.

En pratique : un écran de caisse en veille consomme entre 5 et 15 W. Une enseigne néon laissée allumée la nuit consomme 30 à 80 W selon sa taille. Un terminal de paiement inutilisé le week-end mais toujours branché consomme 3 à 8 W. Pris individuellement, ces chiffres semblent négligeables. Additionnés sur 8 760 heures par an, ils représentent 200 à 600 €/an sur un local commercial standard.

La solution la plus simple : des multiprises avec interrupteur sur les postes informatiques et les équipements non essentiels, avec une coupure systématique en dehors des heures d’ouverture. Le matériel coûte 10 à 20 €. L’amortissement est en quelques semaines.

Avant d’agir sur l’un ou l’autre de ces postes, il est utile de savoir lesquels sont réellement hors norme sur votre local. Diag-Tertiaire fait ce travail : comparaison sectorielle, identification des postes anormaux, estimation des économies atteignables et plan d’actions classé par rapport effort sur gain, chaque action avec son temps de retour.

Le schéma ci-dessous résume les économies réalistes par action, calibrées sur un commerce de 300 m² typique.

Économies par action prioritaire

Combien chaque action peut vous faire récupérer

Chiffres tirés de l'article (commerce 300 m² type)

  • Passer 80 spots halogènes en LED Retour de 14 à 17 mois environ, pose installateur incluse

    2 000 - 2 400 €/an

  • Fermer portes et entretenir filtres clim Geste sans coût, entretien annuel 80 à 150 €

    800 - 1 500 €/an

  • Vitrines en LED + détecteurs présence Vitrines allumées 14 à 16 h par jour

    800 - 1 300 €/an

  • Thermostats programmables (chauffage) Investissement 25 à 30 € par appareil

    300 - 500 €/an

  • Multiprises avec interrupteur (veilles) Matériel 10 à 20 €, amortissement immédiat

    200 - 600 €/an

  • Ajuster la puissance souscrite Hypothèse : 10 à 25 kVA de trop, part réseau seule

    100 - 310 €/an

Sources : ordres de grandeur tirés de l'article (mesures terrain pour un commerce de 300 m²), recoupés avec ADEME (-15 à 25 % thermostat programmable). LED : 80 spots de 50 W remplacés par des LED de 7 à 8 W, allumés 10 à 12 h par jour, à environ 0,16 € HT le kWh, pour 2 800 € posés (35 € le spot). Échelle calibrée sur 3 000 €/an.
À retenir
  • Levier presque gratuit : ajuster la puissance souscrite. 100 à 310 €/an sur la seule part réseau, pour une hypothèse de 10 à 25 kVA de trop, sans travaux, effet immédiat.
  • Investissement à amortissement court : passer en LED. Une LED de 7 à 8 W remplace un spot de 50 W. Investissement type 80 spots installés ≈ 2 800 € (35 € le spot pose comprise), économie d'environ 2 000 à 2 400 € HT par an à 10 à 12 h d'allumage par jour, soit 14 à 17 mois environ pour récupérer la mise, à confirmer par devis.
  • Réflexe sans coût : fermer les portes en climatisation et passer la consigne à 25 °C plutôt que 21 °C. Jusqu'à 16 % d'économie sur ce poste.

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Sources et chiffre clé

Chiffre clé : un commerce consomme en médiane 101 kWh/m²/an, toutes énergies confondues (Repères de consommation, base ADEME, calcul d’octobre 2026). L’éclairage pèse environ 30 % de la facture d’électricité (répartition indicative de notre outil).

Sources institutionnelles utilisées dans cet article :