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Sur une facture d’électricité d’entreprise en 2026, la part que vous pouvez réellement négocier tourne autour d’un tiers du total. Le reste, ce sont les taxes de la facture d’électricité entreprise 2026 et le tarif de réseau : subis, identiques chez tous les fournisseurs, et en hausse au 1er août.

Cet article décompose les quatre blocs d’une facture pro, dit précisément ce qui est réglementé et ce qui reste dans votre main, et montre où se trouve le seul levier durable.

Les quatre blocs d’une facture d’électricité pro

Une facture d’électricité professionnelle n’est pas un prix unique. Elle empile quatre briques, dont trois vous échappent presque totalement.

Composition indicative d'une facture d'électricité d'un petit professionnel Barre empilée : fourniture négociable environ 33 pour cent, acheminement TURPE environ 33 pour cent, accise environ 15 pour cent, TVA environ 17 pour cent, CTA environ 2 pour cent. Composition indicative d'une facture pro (basse tension) Ordres de grandeur, variables selon le profil et l'offre Fourniture (négociable) ≈ 35 % Acheminement (TURPE) ≈ 33 % Accise sur l'électricité ≈ 15 % TVA (20 %) ≈ 17 % CTA ≈ 2 % Répartition indicative pour un petit professionnel, d'après la structure de facture publiée par la CRE (2026).

La fourniture, c’est le prix de l’énergie elle-même, celui que fixe votre contrat. C’est la seule brique qui dépend vraiment de vous. Elle représente environ 30 à 40 % de la facture d’un petit professionnel selon la Commission de régulation de l’énergie (CRE, 2026). Tout le reste est réglementé.

Prenons un exemple qui servira de fil rouge. Un local qui paie 6 000 € TTC d’électricité par an, ordre de grandeur courant pour un commerce ou un bureau de quelques centaines de mètres carrés. En très gros, la facture se répartit en trois tiers : environ 2 000 € de fourniture, 2 000 € de réseau, et 2 000 € de taxes cumulées. Seul le premier tiers se négocie.

L’acheminement (TURPE) : la part réseau, en hausse au 1er août 2026

Le TURPE (Tarif d’utilisation des réseaux publics d’électricité, la part qui paie l’acheminement du courant par Enedis et RTE jusqu’à votre compteur) pèse lourd : environ 30 à 40 % de la facture d’un professionnel en basse tension (CRE, 2026). Il ne dépend pas du fournisseur. Il est fixé par la CRE et s’applique à toutes les offres, à l’identique.

Au 1er août 2026, ce tarif de réseau augmente de 3,04 % pour la distribution (le réseau Enedis, dit HTA-BT) et de 3,34 % pour le transport (le réseau RTE, dit HTB), selon la CRE (CRE, 2026). Sur la facture totale, cela se traduit par environ 1 % de hausse. Une hausse modeste en apparence, mais qui s’ajoute à une base déjà élevée, et sur laquelle vous n’avez aucun levier de négociation.

Sur notre facture de 6 000 €, le réseau pèse déjà autour de 2 000 €. La revalorisation du 1er août y ajoute de l’ordre de 60 € sur l’année, à consommation identique. Ce n’est pas énorme, mais c’est mécanique et récurrent, comme les autres hausses déjà passées cet été et détaillées dans notre point sur la hausse de l’énergie de l’été 2026.

Parlons clair. La seule façon d’agir sur votre part réseau, c’est de faire passer moins de kWh dans le compteur. Pas de changer de contrat.

L’accise sur l’électricité : le poste qui a le plus bougé

L’accise sur l’électricité (l’ancienne CSPE, puis TICFE, la taxe intérieure sur la consommation d’électricité) est le prélèvement qui a le plus évolué. Depuis le 1er février 2026, elle s’établit à 26,58 €/MWh pour les entreprises raccordées au-dessus de 36 kVA (le seuil de puissance qui distingue les petits compteurs des plus gros) et à 30,85 €/MWh en dessous (impots.gouv, 2026).

Concrètement, le calcul est simple et vérifiable sur vos propres relevés. Un local qui consomme 30 000 kWh par an, soit 30 MWh (le mégawattheure vaut 1 000 kWh), paie environ 800 € d’accise sur l’année (30 x 26,58 €). Un commerce plus énergivore à 80 000 kWh en paie plus de 2 100 €. Cette somme est la même quel que soit votre fournisseur.

Ce niveau marque la fin des tarifs réduits exceptionnels appliqués pendant la crise énergétique. L’accise est revenue à un régime plein, ce qui explique qu’une part croissante de votre facture soit fiscale, à consommation inchangée.

CTA et TVA : les autres taxes de votre facture d’électricité

Deux prélèvements complètent l’addition.

La CTA (Contribution tarifaire d’acheminement, qui finance les retraites des agents des industries électriques et gazières) est calculée en pourcentage de la part réseau. Elle a été ramenée à 15 % de la part acheminement en distribution au 1er février 2026 (CRE, 2026). Elle reste modeste dans le total, mais elle suit mécaniquement le TURPE : quand le réseau augmente, elle augmente aussi.

La TVA (taxe sur la valeur ajoutée) s’applique au taux normal de 20 % sur l’électricité professionnelle. Comme elle porte sur l’ensemble (énergie, réseau, accise, CTA), toute hausse d’un des blocs amont gonfle aussi la TVA. C’est l’effet cascade : une augmentation du réseau se répercute deux fois, une fois en direct, une fois via la TVA.

Sur notre local à 6 000 € TTC, la TVA (20 %) pèse 1 000 €, soit un sixième du total, et la CTA une centaine d’euros. Une nuance compte ici : si votre entreprise est assujettie à la TVA, vous la récupérez, et elle ne constitue donc pas un coût réel pour vous. Le vrai poids subi, celui qui ne se discute nulle part, ce sont le réseau, l’accise et la CTA, logés dans le montant hors taxes.

Négociable ou subi : où se situe votre vrai levier

Remettons les blocs en perspective. Sur une facture d’électricité d’entreprise, la part fourniture (environ un tiers, soit près de 2 000 € sur nos 6 000 €) est négociable : vous pouvez comparer les offres, ajuster la puissance souscrite, choisir l’échéance de votre contrat. C’est utile, et c’est le sujet de notre guide pour renégocier son contrat d’électricité professionnel. Bien menée, une renégociation grignote quelques centaines d’euros sur ce tiers, rarement plus.

Mais les 60 à 70 % restants (réseau et taxes) sont réglementés à l’identique pour tout le monde. Un fournisseur dont la rémunération dépend du volume vendu n’a d’ailleurs aucun intérêt mécanique à vous pousser vers la sobriété. Aucune offre ne peut effacer le TURPE, l’accise ou la TVA.

D’où une conclusion inconfortable mais utile : sur la majorité de votre facture, le seul levier réel n’est pas le prix, c’est la quantité. Chaque kWh que vous ne consommez pas vous épargne, en une fois, la fourniture, le réseau, l’accise et la TVA associés. Pour situer où partent vos kWh, notre décomposition des postes de dépense d’une facture d’électricité est un bon point de départ.

Le kWh évité : le seul poste 100 % à vous

Sur un local mal réglé, 15 à 25 % de la consommation part en pure perte : une climatisation qui tourne à vide, un chauffage mal programmé, un ballon d’eau chaude surdimensionné (ADEME, 2024). Ce gisement, lui, ne dépend d’aucun barème. Sur notre facture de 6 000 €, il représente 900 à 1 500 € qui s’évaporent chaque année, taxes comprises.

Agir dessus rapporte deux fois. Vous baissez le nombre de kWh, donc la fourniture. Et vous baissez d’autant le réseau et les taxes calculés sur ces kWh. C’est le seul poste où votre effort se transforme intégralement en économie, sans dépendre d’une négociation ni d’un vote du Parlement. Quand vous coupez un kilowattheure inutile, vous ne coupez pas seulement l’énergie : vous supprimez aussi la fraction de réseau, d’accise et de TVA qui pesait dessus, en une seule fois. Les leviers concrets pour y parvenir sont détaillés dans notre article sur les cinq leviers pour réduire la facture d’énergie d’un commerce.

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Questions fréquentes

Quelles taxes paie-t-on sur une facture d’électricité professionnelle en 2026 ?

Trois prélèvements s’ajoutent au prix de l’énergie et au tarif de réseau : l’accise sur l’électricité (26,58 €/MWh pour une PME au-dessus de 36 kVA, 30,85 €/MWh en dessous), la CTA fixée à 15 % de la part acheminement, et la TVA à 20 % (impots.gouv, 2026 ; CRE, 2026). Ensemble, taxes et réseau pèsent une large moitié de la facture.

C’est quoi le TURPE et pourquoi il pèse sur ma facture ?

Le TURPE (Tarif d’utilisation des réseaux publics d’électricité) rémunère l’acheminement de l’électricité par Enedis et RTE. Il représente environ 30 à 40 % de la facture d’un professionnel en basse tension et augmente de 3,04 % au 1er août 2026 (CRE, 2026). Il s’applique quel que soit votre fournisseur.

Combien coûte l’accise sur l’électricité pour une PME en 2026 ?

L’accise sur l’électricité (ex-CSPE, l’ancienne taxe intérieure) s’élève à 26,58 €/MWh pour les entreprises raccordées au-dessus de 36 kVA depuis le 1er février 2026 (impots.gouv, 2026). Un local qui consomme 30 000 kWh par an paie donc environ 800 € d’accise, quel que soit son contrat.

Peut-on réduire les taxes de sa facture en changeant de fournisseur ?

Non. L’accise, la CTA, la TVA et le TURPE sont identiques chez tous les fournisseurs et sur toutes les offres (CRE, 2026). Changer de contrat n’agit que sur la part fourniture, soit environ 30 à 40 % de la facture. Le reste ne se pilote qu’en consommant moins de kWh.

Quelle part de ma facture d’électricité est vraiment négociable ?

Seule la part fourniture, soit environ 30 à 40 % du total pour un petit professionnel (CRE, 2026), dépend de votre offre et peut être renégociée. Les 60 à 70 % restants (réseau et taxes) sont réglementés. Le vrai levier durable reste donc la quantité d’énergie consommée.