42 €/MWh

C’est le prix garanti de l’électricité nucléaire sous l’ARENH, un dispositif qui a pris fin le 31 décembre 2025. Renégocier son contrat d’électricité professionnel en 2026 n’est plus une option de confort : depuis la fin de l’ARENH, le prix de référence est passé à 57-75 €/MWh sur le marché (CRE), et l’offre par défaut de votre fournisseur est rarement la plus avantageuse. Bien renégocier peut représenter plusieurs centaines à plusieurs milliers d’euros par an pour un local commercial.

Ce guide vous donne les bons réflexes de décision : type d’offre, durée d’engagement, recours à un courtier, et les leviers qui réduisent la facture au-delà du seul prix du kWh.

Pourquoi 2026 change la donne

Pendant quinze ans, l’ARENH (Accès Régulé à l’Électricité Nucléaire Historique, le mécanisme qui obligeait EDF à vendre son électricité nucléaire à prix fixe aux fournisseurs) a plafonné le prix de gros à 42 €/MWh. Depuis le 1er janvier 2026, ce dispositif a disparu, remplacé par le Versement Nucléaire Universel (VNU), un mécanisme de régulation des revenus du nucléaire (CRE).

Conséquence directe : les fournisseurs s’approvisionnent désormais sur le marché de gros. Les contrats pour livraison 2026 se négocient le plus souvent entre 57 et 75 €/MWh, soit une hausse de 35 à 80 % par rapport au tarif ARENH. L’impact concret sur un local commercial est détaillé dans notre article sur la fin de l’ARENH et son impact sur le local commercial.

Prix de référence de l'électricité avant et après la fin de l'ARENH

Comparaison : tarif ARENH à 42 euros le mégawattheure jusqu'en 2025, prix de marché entre 57 et 75 euros le mégawattheure à partir de 2026.

Prix de référence de l'électricité (€/MWh)

Avant et après la fin de l'ARENH

  • 42

    ARENH (jusqu'en 2025)

  • 57 à 75

    Marché (dès 2026)

+35 à 80 %

Source : CRE, mécanisme post-ARENH (VNU). Fourchette de marché pour livraison 2026.

Source : CRE, mécanisme post-ARENH (VNU). Fourchette de prix de marché pour livraison 2026.

Dans ce contexte, laisser courir un contrat par tacite reconduction revient souvent à payer le prix fort. La renégociation devient un acte de gestion à part entière, à intégrer au calendrier de votre entreprise.

Avant d’aborder la stratégie de prix, un préalable : les clauses de votre contrat actuel décident de la date à laquelle vous pourrez bouger, et de ce que coûte un départ anticipé. Elles sont détaillées dans notre article sur les 5 lignes à vérifier dans un contrat d’électricité professionnel.

Les 3 types d’offres, avantages et risques

Trois grandes familles d’offres existent, et le bon choix dépend de votre tolérance au risque.

Le prix fixe. Le prix du kWh est bloqué pour toute la durée du contrat. Vous gagnez en visibilité budgétaire, précieux pour une TPE, mais vous payez une légère prime de risque. Si le marché baisse, vous restez au prix signé. C’est l’option prudente quand chaque euro de charge compte.

Le prix indexé. Le prix suit un indice de marché. Vous profitez des baisses, mais vous encaissez les hausses de plein fouet. Sur un marché volatil comme celui de l’après-ARENH, un local de 300 m² peut voir sa facture varier de 1 000 à 2 000 € d’une année à l’autre. À réserver à ceux qui suivent le marché de près.

Le mix. Une partie du volume en fixe, une partie en indexé. Ce montage lisse le risque : vous sécurisez une base de budget tout en gardant une exposition partielle aux baisses. C’est souvent le meilleur compromis pour une entreprise qui ne veut ni parier ni subir.

Quelle durée d’engagement choisir

Après la fin de l’ARENH, les contrats de 3 à 5 ans sont devenus la norme pour lisser les prix et gagner en visibilité. Mais un engagement long a un revers : il fige votre prix si le marché baisse.

La bonne durée dépend de deux choses : votre capacité à suivre le marché et votre besoin de visibilité. Une TPE qui veut dormir tranquille signera plutôt 2 à 3 ans en prix fixe. Une entreprise outillée pour suivre les cours pourra jouer des durées plus courtes en indexé. Dans tous les cas, faites coter plusieurs durées en parallèle avant de trancher : l’écart de prix entre un 1 an et un 3 ans se mesure en euros par MWh, et peut représenter 200 à 600 € par an sur un local commercial.

Un point souvent négligé : la date à laquelle vous signez compte autant que la durée. Les prix de marché bougent au jour le jour. Signer un contrat pluriannuel un jour de pic de marché fige un prix élevé pour des années. Mieux vaut préparer sa renégociation quelques mois avant l’échéance, suivre la tendance, et signer sur un creux plutôt que sous la contrainte du calendrier. Demander à votre fournisseur ou courtier une cotation valable plusieurs jours laisse le temps de comparer sans se précipiter.

Évitez surtout de signer dans l’urgence, à l’échéance, quand le fournisseur sortant vous présente une offre de reconduction. C’est rarement la meilleure, et elle joue précisément sur votre manque de temps.

Faut-il un courtier en énergie

Un courtier met les fournisseurs en concurrence pour vous et négocie le prix. Pour une TPE qui n’a ni le temps ni l’expertise de comparer, il fait souvent gagner 5 à 15 % sur le prix du kWh. Le gain peut largement dépasser 500 €/an sur un local commercial.

Le point de vigilance est la rémunération. Le courtier se paie par une commission, le plus souvent intégrée au prix du kWh que vous payez. Ce n’est pas un problème en soi, à condition qu’elle soit transparente. Trois questions à poser systématiquement : quel est le montant exact de votre commission, sur quels fournisseurs portez-vous la mise en concurrence, et puis-je voir les offres brutes avant commission. Un courtier sérieux répond sans détour.

Comparez toujours la proposition du courtier avec au moins une cotation obtenue en direct auprès d’un fournisseur. C’est le seul moyen de vérifier que l’intermédiation crée bien de la valeur pour vous.

Les leviers au-delà du contrat

Renégocier le contrat fixe le prix du kWh. Mais la facture, c’est le prix multiplié par le nombre de kWh. Trois leviers agissent sur le volume et la structure.

Ajuster la puissance souscrite. Une puissance surdimensionnée se paie chaque mois, qu’on la consomme ou non. Beaucoup de locaux paient pour 36 kVA alors que 24 suffiraient. Réajuster peut rendre plusieurs centaines d’euros par an, sans aucun travaux. La méthode pour lire votre courbe de charge et trouver le bon calibre est détaillée dans notre article sur la puissance souscrite d’un local professionnel.

Réduire la consommation. LED, régulation du chauffage et de la climatisation, programmation : les actions d’efficacité réduisent directement le nombre de kWh. Les hausses de l’été 2026 (TURPE, TRVE) rendent ces actions encore plus rentables, comme nous le détaillons dans notre article sur la hausse de l’électricité professionnelle de l’été 2026.

Produire son électricité. L’autoconsommation photovoltaïque fixe le coût d’une partie de votre consommation sur 20 à 30 ans, autour de 0,08 à 0,13 €/kWh, à l’abri des variations de marché. Pour savoir quel levier prioriser sur votre local, le pré-diagnostic énergétique gratuit compare votre consommation aux références de votre secteur en quelques minutes.

La bonne séquence est claire : d’abord réduire le volume (puissance souscrite, efficacité), car chaque kWh évité est gagné quel que soit le prix ; ensuite renégocier le contrat sur cette base de consommation assainie. Renégocier un contrat sur une consommation gonflée, c’est optimiser le prix d’un gaspillage. Sur un local commercial de 300 m², la combinaison d’une renégociation bien menée et de ces leviers de volume représente couramment 1 000 à 3 000 € d’économie par an, soit une part significative de la facture d’électricité.