Document technique · Méthodologie

Whitepaper - méthodologie de calcul

Architecture du moteur, benchmarks sectoriels, quantification de l'incertitude et validation empirique du pré-diagnostic énergétique tertiaire DiagTertiaire.

Version moteur 2.0 · mise à jour le 6 mai 2026

DiagTertiaire est un pré-diagnostic énergétique en ligne destiné aux bâtiments tertiaires de moins de 1 000 m² (TPE/PME, commerces, hôtels indépendants, restaurants, cabinets, petits établissements). Ce document décrit l'ensemble de la chaîne de calcul, depuis la collecte des données jusqu'à la production d'une fourchette d'économies réalistes, en passant par les benchmarks sectoriels et la quantification de l'incertitude.

L'objectif est de fournir une méthodologie traçable, auditée et reproductible. Toutes les références chiffrées proviennent de sources publiques officielles (ADEME, CRE, OPERAT, Base Carbone, PVGIS, arrêtés du Décret Tertiaire). La méthodologie est calibrée pour produire des ordres de grandeur prudents permettant à un maître d'ouvrage de décider d'engager ou non une étude approfondie.

01

Périmètre méthodologique

Ce que la plateforme calcule

  1. Conversion des consommations déclarées (kWh ou euros) en énergie finale annuelle.
  2. Intensité énergétique en kWh/m²/an et positionnement par rapport à la médiane sectorielle ADEME.
  3. Répartition de l'énergie par poste (chauffage, ECS, éclairage, ventilation, froid, cuisson, autres).
  4. Sélection des actions de travaux pertinentes selon l'éligibilité contextuelle.
  5. Pour chaque action retenue : gain en kWh, gain en euros, capex indicatif, aide mobilisable indicative, ROI simple.
  6. Composition des gains avec plafonds par poste pour éviter les doubles comptages.
  7. Projection sur 10 ans avec inflation différenciée par vecteur énergétique.
  8. Fourchette d'incertitude P10/P50/P90 et niveau de confiance global.

Ce que la plateforme ne fait pas

  • Simulation thermique dynamique (STD) ou calcul conventionnel TH-BCE / 3CL.
  • Relevé métrologique sur site, sous-comptage instrumental, audit certifié NF EN 16247.
  • Production d'un document opposable (DPE bail commercial, audit réglementaire L.233-1).
  • Déclaration sur la plateforme OPERAT au sens du Décret Tertiaire.
  • Vérification administrative de l'éligibilité aux aides (les aides indiquées sont des estimations indicatives).
DiagTertiaire est un outil d'orientation décisionnelle. Il ne se substitue à aucun document réglementaire et n'a pas vocation à remplacer une étude d'ingénierie certifiée pour un investissement engagé.
02

Architecture en trois modèles

Pour réduire le risque de biais d'un seul modèle, le moteur produit l'estimation principale en combinant trois modèles indépendants qui calculent chacun la même grandeur (intensité énergétique attendue ou économies attendues) à partir de raisonnements différents. La fourchette finale est élargie automatiquement si les trois modèles divergent.

ModèlePrincipeForce
M1 - Action par actionPour chaque action de travaux applicable, calcul du gain en kWh sur le poste cible, agrégation additive avec plafonds par poste.Lisibilité (ce gain vient de cette action).
M2 - Régression par coefficientsIntensité attendue = médiane typologique × coefficients âge × zone climatique × énergie principale × étiquette DPE.Robustesse statistique sur grands nombres ADEME.
M3 - Comparaison voisinsPour le triplet (typologie, zone, âge), lecture directe des quartiles observés sur la base ADEME (P10, P25, P50, P75, P90).Aucune hypothèse, pure observation empirique.

Lorsque le profil du bâtiment est rare (peu de voisins ADEME comparables), M3 est désactivé ou remplacé par un mode transitoire. Le moteur signale alors un niveau de confiance dégradé sur le rapport.

Pourquoi trois modèles plutôt qu'un seul : un seul modèle ne sait pas s'il a tort. La divergence entre M1, M2 et M3 sert d'alerte intrinsèque ; elle élargit la fourchette d'incertitude et déclenche au besoin un garde-fou heuristique (cf. §15).
03

Inputs et qualité de saisie

Le formulaire collecte trois familles d'informations.

Identification du bâtiment

  • Activité principale parmi neuf typologies (bureaux, commerce non alimentaire, commerce alimentaire, hôtel, restaurant, santé local, enseignement, entrepôt chauffé, entrepôt léger).
  • Surface chauffée en m² (déclarée par l'utilisateur, source bail ou mesure).
  • Année de construction par tranche : avant 1975, 1975-2000, 2001-2012, post-2012 (RT2012+).
  • Code postal pour déduire la zone climatique H1/H2/H3 et le rendement photovoltaïque local.
  • Étiquette DPE si connue (A à G), sinon "inconnue" avec pénalité de confiance.

Installation technique

  • Système de chauffage principal : gaz, électrique (convecteur ou PAC), réseau de chaleur, fioul, autre.
  • Eau chaude sanitaire (ECS) : couplée au chauffage ou indépendante (chauffe-eau électrique, gaz, PAC, solaire).
  • Présence de climatisation, type de toiture, accessibilité, isolation déclarée.
  • Travaux déjà réalisés (LED, régulation, PAC, isolation, photovoltaïque, etc.) : utilisés pour exclure les actions redondantes.

Consommations annuelles

Pour chaque vecteur utilisé (électricité, gaz, réseau de chaleur, fioul) : kWh annuels OU euros annuels OU euros mensuels. Si la valeur en euros est saisie, le moteur convertit en kWh à l'aide du prix de référence du vecteur (cf. §05).

Qualité de saisie déclarée

L'utilisateur indique l'origine du chiffre saisi : estimation rapide, facture sous les yeux, ou upload de facture. Cette information module l'incertitude analytique : un chiffre estimé voit son sigma multiplié par 1,8 ; un chiffre lu directement sur facture par 1,0 ; un fichier de facture analysé (à venir) par 0,6.

04

Normalisation des consommations

Conversion euros vers kWh

Lorsque l'utilisateur saisit un montant en euros, le moteur applique la règle suivante :

si elecKwh saisi → kWh = elecKwh
sinon si elecEuro saisi →
    montant = elecEuro − abonnement_annuel (si inclus)
    kWh = round(montant / prix_de_reference_du_vecteur)

Saisie mensuelle vs annuelle

Une saisie en euros par mois est multipliée par 12 avant la conversion. Le moteur signale par un avertissement tout prix implicite (€/kWh) qui sortirait des bornes plausibles.

Conservation de l'énergie

Après répartition par poste, le moteur garantit que la somme des kWh par poste est strictement égale à la consommation totale déclarée. Tout résidu d'arrondi est absorbé dans le poste "autres".

05

Prix de référence et inflation

Les prix retenus correspondent au TTC moyen 2026 pour un site tertiaire de petite taille, hors abonnement. Ils sont mis à jour à chaque révision tarifaire majeure (CRE).

Vecteur€/kWh TTCSource
Électricité0,196CRE - TRVE professionnel ≤ 36 kVA, février 2026
Gaz naturel0,108CRE - Prix repère gaz professionnel 2026, profil chauffage
Réseau de chaleur0,095Moyenne nationale SNCU
Fioul0,125Prix livraison professionnel Q1 2026
Bois granulés0,068Marché 2025-2026

Inflation projetée (10 ans)

Taux annuels appliqués au calcul de la projection 10 ans :

VecteurTaux annuelHypothèse retenue
Électricité+ 3,5 %Hausse ARENH + TURPE 6
Gaz+ 4,5 %Stabilisation post-crise + phase-out progressif
Réseau de chaleur+ 3,0 %Stable, part renouvelable croissante
Fioul+ 6,0 %Taxe carbone croissante, sortie progressive
Bois granulés+ 2,5 %Marché mature

Le taux composite est un barycentre pondéré par la part des dépenses de chaque vecteur dans la facture totale du site.

Facteurs d'émission CO₂

VecteurkgCO₂/kWhSource
Électricité0,079ADEME RE2020, méthode mensualisée par usage
Gaz0,227Base Carbone ADEME 2024
Fioul0,324Base Carbone ADEME 2024
Réseau de chaleur0,100Moyenne nationale (variable selon réseau)
Bois granulés0,030Base Carbone ADEME 2024
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Benchmarks sectoriels

Les médianes sectorielles servent de point d'ancrage à toutes les comparaisons. Elles sont calibrées sur l'extraction publique ADEME DPE Tertiaire (méthode "facture") consolidée en mai 2026, avec un effectif de plusieurs milliers de cas par typologie pour les segments principaux.

TypologieMédiane (kWh/m²/an)P25 (Q1)P75 (Q3)Effectif
Bureaux155823125 591
Commerce non alimentaire168833522 919
Commerce alimentaire380280600Perifem 2023
Hôtel ≥ 150 m²1801102801 567
Hôtel < 150 m² (micro)550350850233
Restaurant léger (sans cuisine pro gaz)2691704401 989
Restaurant traditionnel (cuisine pro gaz)407260650626
Enseignement191994941 561
Santé local (cabinets ambulatoires)122702142 345
Entrepôt chauffé155892692 086
Entrepôt léger5025110Conservé v1

Unité : kWh d'énergie finale par m² par an. Source : extraction publique ADEME DPE Tertiaire méthode facture, consolidation 2026-05.

Positionnement du site

Le site est positionné parmi quatre catégories selon son intensité comparée à la fourchette du parc :

  • Below range : intensité < P25 (consommation faible relative au parc).
  • In range : entre P25 et P75 (cohérent avec la médiane).
  • Above range : entre P75 et 1,2 × P75.
  • Far above range : > 1,2 × P75 (potentiel élevé d'optimisation).

Cibles Décret Tertiaire 2030 (Cabs)

Affichées à titre pédagogique pour les bâtiments > 1 000 m² (assujettis au décret) :

TypologieCabs (kWh/m²/an)Source
Bureaux103Arrêté 13 avril 2022
Enseignement80Arrêté 13 avril 2022
Santé165Arrêté 28 novembre 2023
Hôtellerie170Arrêté 28 novembre 2023
Restauration185Arrêté 28 novembre 2023
Commerce non alimentaire125Arrêté 13 avril 2022
Entrepôts135Arrêté 13 avril 2022
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Sous-typologies

Trois familles bénéficient d'une segmentation fine pour mieux refléter la dispersion réelle observée :

Hôtel : segmentation par surface

  • Hôtel normal (≥ 150 m²) : médiane 180 kWh/m²/an.
  • Micro-hôtel (< 150 m², maisons d'hôtes, B&B) : médiane 550 kWh/m²/an. Le ratio surface utile / surface chauffée est très défavorable.

Restaurant : présence d'une cuisine professionnelle au gaz

  • Restaurant léger (sandwicherie, snack, salon de thé, sans piano gaz) : médiane 269 kWh/m²/an.
  • Restaurant traditionnel (brasserie, bistrot, gastronomique avec cuisson gaz pro) : médiane 407 kWh/m²/an.

Bureaux : niveau d'équipement informatique

  • Postes classiques : facteur 1,00.
  • Quelques serveurs ou NAS dans un local technique léger : facteur 1,15.
  • Salle informatique dédiée climatisée 24h/24 : facteur 1,45 (et reclassement partiel du chauffage en froid).

Hôtel : overlays

  • Présence d'une piscine ou d'un spa : ×1,95 (chauffage eau, traitement, déshumidification).
  • Hôtellerie saisonnière (fermée plus de 5 mois par an) : ×0,50.
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Modèle d'intensité attendue (M2)

L'intensité énergétique attendue pour un bâtiment donné est calculée par le modèle de régression :

intensité_attendue = médiane(typologie)
                   × coef_âge[typologie][âge]
                   × coef_zone[typologie][zone H1/H2/H3]
                   × coef_énergie[typologie][vecteur principal]
                   × coef_dpe[étiquette A à G]

Coefficient âge - bureaux (extrait)

TrancheCoefficient
Avant 19751,10
1975 - 20001,00
2001 - 20120,95
Après 2012 (RT2012+)0,70

Les coefficients âge varient par typologie : un commerce non alimentaire est insensible à l'âge (1,00 partout), tandis qu'un restaurant traditionnel récent voit son intensité augmenter de 25 % (équipements de cuisine plus performants mais plus nombreux).

Coefficient zone climatique

TypologieH1 (Nord-Est)H2 (centre)H3 (Méditerranée)
Bureaux1,151,000,80
Commerce alimentaire1,051,000,95
Hôtel1,001,001,00
Enseignement1,201,000,90
Entrepôt chauffé1,051,000,85

Coefficient étiquette DPE

Identique pour toutes les typologies, calé sur l'observation empirique :

ÉtiquetteABCDEFGInconnue
Coef0,450,550,851,201,651,902,101,00

L'étiquette inconnue applique un coefficient neutre mais majore le sigma (incertitude) pour refléter le manque d'information.

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Répartition par poste

L'énergie totale est ensuite répartie sur sept postes selon une table de référence par typologie. Cette table est calibrée sur des données ADEME et CEREN, et un garde-fou exécuté au chargement vérifie que la somme est strictement égale à 100 % pour chaque secteur.

TypologieChauffageFroidVent.Éclair.ECSCuissonAutre
Bureaux43108205014
Commerce non alim.30127323016
Commerce alim.12357243514
Hôtel3888152254
Restaurant2551218102010
Santé local358181512012
Enseignement523820728
Entrepôt chauffé5005282015
Entrepôt léger3505402018

Valeurs en % de l'énergie finale totale.

Séparation par vecteur

Les pourcentages ci-dessus sont indicatifs. Le moteur applique ensuite une séparation rigoureuse par vecteur :

  1. Le gaz ne sert physiquement qu'au chauffage et à l'ECS, dans des proportions calibrées par activité.
  2. L'électricité non thermique est répartie sur éclairage, froid, ventilation et autres usages selon une table par activité.
  3. Si le chauffage principal est gaz, fioul ou réseau, les postes thermiques consomment ce vecteur avec un rendement de 0,85 (0,95 pour le réseau).
  4. Si le chauffage est électrique ou par PAC, ils consomment l'électricité.
  5. Le poste "autres" absorbe le résidu d'arrondi pour garantir la somme des kWh par poste = total déclaré.
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Bibliothèque d'actions

La bibliothèque comporte une vingtaine d'actions de travaux couvrant cinq catégories. Chaque action porte un gain unitaire (en pourcentage du poste concerné), un capex indicatif sous forme de fourchette ±15 %, un taux d'aide indicatif et des règles d'éligibilité.

CatégorieExemplesPoste cible
Régulation et pilotageRéglage horaires, robinets thermostatiques, GTB, sous-comptage, ventilation par présence ou CO₂Chauffage, ventilation, total
ThermiqueEntretien chaudière, pompe à chaleur air/eauChauffage
EnveloppeIsolation toiture, isolation murs (ITE), remplacement fenêtresChauffage
ÉclairagePassage LED, détection de présenceÉclairage
ECSIsolation tuyaux et ballon, chauffe-eau thermodynamiqueECS
ProductionPhotovoltaïque en autoconsommationÉlectricité

Éligibilité contextuelle

Une action est filtrée selon :

  • Travaux déjà réalisés : exclusion catégorielle (LED déjà installée → pas d'ACT08, etc.).
  • Système de chauffage : l'entretien chaudière est exclu pour un chauffage électrique ; la PAC air/eau est exclue pour un bâtiment post-2012 électrique (PAC déjà probable).
  • Source ECS : le chauffe-eau thermodynamique est exclu si l'ECS est déjà couplée à une PAC.
  • Activité : la ventilation par présence vise les bureaux, écoles et cabinets ; la VMC CO₂ cible les usages à forte occupation.
  • Surface et toiture : le photovoltaïque exige une surface minimale de 100 m² et une toiture exploitable.
  • Climatisation déclarée : le rafraîchissement nocturne n'est proposé que si une climatisation est présente.

Formule du gain standard

gain_kWh   = round(base_kWh × gain_pct_unitaire × facteur_realisme_categorie)
gain_euro  = round(gain_kWh × prix_du_vecteur_du_poste)
capex_net  = round(capex × (1 − taux_aide))
roi_simple = capex_net / gain_euro

Le facteur de réalisme est appliqué par catégorie pour refléter l'effet rebond et la qualité d'exécution moyenne :

CatégorieFacteur de réalisme
Enveloppe0,92
Régulation0,95
Photovoltaïque0,95
ECS0,88
Thermique (chaudière, PAC)0,85
Éclairage0,78
Défaut0,88

L'éclairage applique le facteur le plus prudent : un parc déjà partiellement modernisé limite le gain réel d'un passage LED total.

Sélection des actions affichées

Les actions sont triées par score de priorité (gain € × faisabilité ÷ capex net). Le rapport présente jusqu'à 3 actions légères (capex ≤ 3 000 €) et 3 actions lourdes. Les opportunités d'enveloppe pour les bâtiments anciens sont signalées à part même si leur ROI dépasse les seuils habituels, parce qu'elles seront requises à terme par le Décret Tertiaire pour les bâtiments > 1 000 m².

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Composition des gains et plafonds

Les gains de plusieurs actions ne s'additionnent pas naïvement : deux actions sur le même poste se concurrencent partiellement (un chauffage neuf rend une régulation moins utile). Le moteur applique donc une composition additive avec plafonds par poste alignés sur les gisements ADEME tertiaire.

PostePlafond intra-poste
Chauffage60 %
Froid60 %
ECS65 %
Éclairage70 %
Ventilation55 %
Cuisson40 %
Autres usages50 %

Cap composite global

Indépendamment des gains par poste, le moteur borne le gain composite total à 50 % d'affichage (60 % en interne pour le calcul de fourchette). Cette borne empêche l'affichage de scénarios irréalistes (une économie composite à 70 % est rarissime en tertiaire et ne peut pas être garantie sur la base d'un pré-diagnostic).

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Projection 10 ans avec inflation

La projection compare deux scénarios sur 10 ans :

taux_composite = part_elec × 3,5 % + part_gaz × 4,5 % + part_autres × taux_autres

année n :
   cumul_sans_travaux = Σ_(i=0..n) coût_total × (1 + taux)^i
   cumul_avec_travaux = capex_net + Σ_(i=0..n) (coût_total − économie) × (1 + taux)^i

économie_nette_n = cumul_sans − cumul_avec

Le ROI global est publié uniquement si la valeur est comprise entre 0,5 et 20 ans et si l'économie représente au moins 1 % de la facture. En dehors de ces bornes, le rapport indique "à confirmer" plutôt qu'une valeur peu fiable.

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Quantification de l'incertitude

L'incertitude est calculée analytiquement par propagation log-additive sur chacun des trois modèles, puis combinée selon la divergence inter-modèles. Le sigma final s'écrit en log-écart relatif et borne la fourchette P10/P90.

Sigmas par modèle

ModèleComposantes du sigma
M1 (action par action)Incertitude sur la répartition par poste, sur le gain unitaire de l'action, sur la composition des gains, et sur la qualité de saisie de l'utilisateur.
M2 (régression coefficients)Sigma de la médiane typologique + sigma des quatre coefficients (âge, zone, énergie, DPE), sommés en quadratique log.
M3 (voisins ADEME)Sigma empirique calculé sur les voisins de la base ADEME : σ = (ln P90 − ln P10) / 2,56 (intervalle de confiance 80 %).

Multiplicateur qualité de saisie

SaisieMultiplicateur sigma
Estimation rapide×1,8
Facture sous les yeux×1,0
Upload de facture (à venir)×0,6

Dispersion par typologie

Chaque typologie a un sigma empirique observé sur la base ADEME : il joue comme un plafond sur le sigma analytique afin que la fourchette ne soit jamais plus serrée que la dispersion réelle du parc.

Typologieσ log-empiriqueNiveau dispersion
Bureaux0,30Haute (parc homogène)
Commerce non alimentaire0,35Haute
Hôtel ≥ 150 m²0,32Haute
Santé local0,36Haute
Restaurant0,41Moyenne
Enseignement0,45Moyenne
Entrepôt chauffé0,50Moyenne
Hôtel < 150 m²0,65Basse (parc très hétérogène)
Entrepôt léger0,79Basse

Confiance d'ensemble

Le moteur mesure l'écart inter-modèles (M1, M2, M3) et applique un multiplicateur de fourchette :

  • Écart < 20 % entre modèles → multiplicateur 1,0 - niveau "haute confiance".
  • Écart 20-40 % → multiplicateur 1,3 - niveau "moyenne".
  • Écart > 40 % → multiplicateur 1,7 - niveau "basse" + signal d'alerte sur le rapport.

Niveau de confiance final

Le niveau de confiance affiché sur le rapport est le plus pessimiste de quatre critères : convergence inter-modèles, qualité de saisie, dispersion typologique, couverture de voisins ADEME. Cette règle "min des min" évite tout faux sentiment de précision.

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Fourchette P10 / P50 / P90

L'estimation centrale (P50) est encadrée par une fourchette construite avec une distribution log-normale paramétrée par le sigma final :

P10 = P50 × exp(−1,28 × σ_final)
P50 = estimation centrale
P90 = P50 × exp(+1,28 × σ_final)

Le facteur 1,28 correspond à un intervalle de confiance 80 % : 80 % des valeurs réelles plausibles tombent entre P10 et P90. Cette fourchette est élargie automatiquement dans deux cas : si les modèles divergent (cf. §13) ou si le profil est en limite du parc (cf. §15).

Lecture concrète : un rapport qui annonce 11 100 €/an d'économies avec une fourchette 6 000 - 20 500 €/an signifie que le moteur est convaincu à 80 % que la valeur réelle se situe quelque part entre 6 000 et 20 500 €, avec un point central à 11 100 €. Cette fourchette est large parce que le pré-diagnostic ne dispose pas de mesure terrain.
15

Garde-fou heuristique

Indépendamment de la propagation analytique de l'incertitude, le moteur applique un contrôle d'écart par rapport à un comportement "attendu" pour le segment du site :

Position vs parcCentre attendu (% économies)σ minimum normalσ minimum drift
In range (cohérent parc)45 %0,150,35
Above range60 %0,150,35
Far above range60 %0,150,35
Below range25 %0,150,35

Si l'écart entre le potentiel calculé et le centre attendu dépasse 20 points de pourcentage, le sigma est forcé à la valeur "drift" plus large (0,35 au lieu de 0,15) et le rapport affiche le label "Estimation en limite du parc, audit recommandé". Cette mécanique évite qu'une combinaison improbable de réponses produise une fourchette artificiellement serrée.

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Modèles spécifiques

Pompe à chaleur air/eau (chauffage)

Le COP retenu varie selon l'âge du bâtiment, qui détermine le régime de température d'eau :

Âge bâtimentCOP retenu
Avant 19752,8
1975 - 20003,0
2001 - 20123,5
Post-2012 (RT2012+)4,0

Le passage gaz/fioul vers PAC consomme kWh_chauffage / COP en électricité, l'économie est la différence entre l'ancien coût énergétique et le nouveau. Le passage convecteurs électriques vers PAC réduit la consommation électrique du même rapport.

Le dimensionnement de la PAC tient compte de la zone climatique (×1,10 H1, ×1,00 H2, ×0,90 H3) et de la part chauffage dans la consommation. La puissance retenue est le premier palier ≥ besoin thermique calculé.

Chauffe-eau thermodynamique (CET)

COP retenu 3,0 (technologie mature, conditions tertiaires moyennes). Le dimensionnement du volume utile est calculé à partir du besoin annuel ECS et de la zone climatique :

volume_litres = (besoin_utile_kWh × coef_zone) / 19,053

19,053 = 365 × 45°C × 1,16 Wh/L/°C / 1000
       = énergie utile pour 1 L d'eau chauffée à 45°C, sur l'année

Au-delà de 2 000 L, le moteur signale un cas multi-ballons nécessitant une étude dédiée plutôt que de proposer un chiffrage simpliste.

Photovoltaïque en autoconsommation

Le rendement local (kWh par kWc installé par an) est lu sur une table départementale, ajustée si les coordonnées GPS sont disponibles (interpolation PVGIS, pondération 65 % coords / 35 % département) :

  • Nord-Est : ~1 110 kWh/kWc/an
  • Centre : ~1 220 kWh/kWc/an
  • Sud-Méditerranée : 1 300 - 1 450 kWh/kWc/an

Coefficient de toiture : plat 0,85 ; pan sud 1,00 ; SE/SO 0,93 ; E/O 0,82 ; nord 0,55. Le dimensionnement tient compte à la fois de la surface de toiture exploitable (60 % de la surface au sol divisée par le nombre de niveaux) et de la consommation électrique cible post-travaux. Le taux d'autoconsommation varie selon l'activité (de 48 % pour un entrepôt à 82 % pour un commerce alimentaire avec froid).

production = kWc × rendement_local × coef_toiture
autoconso  = min(production × taux_autoconso, élec_cible × 0,95)
surplus    = production − autoconso

revenu = autoconso × 0,196 €/kWh + surplus × tarif_CRE_S21

Le tarif CRE S21 du surplus dépend de la tranche : 0,0400 €/kWh pour ≤ 9 kWc, 0,0473 €/kWh pour 9-100 kWc (arrêté 26 mars 2025).

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Modèle d'aides financières

En tertiaire non résidentiel, MaPrimeRénov' ne s'applique pas (réservée au résidentiel). Le moteur retient les dispositifs suivants :

DispositifActions concernées
CEE BAT-TH-113 - Pompe à chaleurInstallation PAC air/eau
CEE BAT-TH-116 - GTB et CETGestion technique du bâtiment, chauffe-eau thermodynamique
CEE BAT-EN-101 - Isolation toitureIsolation toiture
CEE BAT-EN-102 - Isolation mursITE (isolation thermique extérieure)
CEE BAT-EN-104 - FenêtresRemplacement fenêtres
CEE BAT-EQ-162 - ÉclairagePassage LED
CEE régulation et VMCPilotage chauffage, robinets thermostatiques, ventilation pilotée
Fonds Chaleur ADEMEPAC > 30 kW (intégré dans la grille PAC)
Prime CRE autoconsommationPhotovoltaïque (selon tranche de puissance)

Les taux d'aide retenus correspondent à la borne basse plausible des fourchettes documentées 2026, dans une logique de prudence : le pré-diagnostic préfère sous-estimer l'aide pour qu'un dossier réel produise éventuellement un effet plus favorable. Les taux et modalités exacts doivent être confirmés au moment de la demande effective auprès d'un opérateur CEE habilité ou d'un organisme certifié.

Les aides indiquées sont des estimations indicatives. Aucun engagement de versement effectif n'est fait : les dispositifs CEE et Fonds Chaleur sont soumis à conditions (entreprise éligible, opération conforme à la fiche standardisée, dossier conforme), et leurs barèmes évoluent tous les 6 à 12 mois.
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Validation empirique

Validation à grande échelle (15 464 cas DPE Tertiaire)

Le moteur a été confronté à 15 464 cas réels issus de la base publique ADEME DPE Tertiaire (méthode "facture"), tirés aléatoirement parmi 21 000 extractions, avec filtres sur surface 20-1 000 m² et intensité 30-1 500 kWh EF/m²/an. Aucune sélection manuelle.

MétriqueValeurLecture
Couverture P25-P7552 %52 % des DPE tombent dans la fourchette quartiles que le moteur prédit (cible statistique : 50 %).
Couverture large80 %80 % des DPE tombent dans une fourchette large autour de la médiane prédite.
Médiane signed−19 %Le moteur surestime légèrement par rapport au DPE moyen, biais conservateur compatible avec la posture pré-diagnostic.

Couverture par typologie principale :

TypologieEffectifMédiane abs. écart
Bureaux4 62550,0 %
Entrepôt chauffé3 80245,1 %
Commerce non alim.3 71357,9 %
Santé local1 64053,9 %
Restaurant léger1 35850,3 %
Hôtel micro26754,9 %
Hôtel normal4146,9 %
Enseignement1844,4 %

Note méthodologique : la base ADEME DPE Tertiaire ne fournit pas d'estimation diagnostiqueur des économies cas par cas. La validation porte donc sur l'intensité énergétique observée vs prédite, qui reste le proxy le plus solide de la cohérence du moteur.

Validation cas par cas (mesures post-travaux)

En complément, 12 cas premium ont été comparés à des mesures réelles de consommations avant/après travaux issues d'études BBC et de retours documentés ADEME. L'écart moyen entre le moteur et la mesure terrain est de l'ordre de 15 % sur l'estimation des économies. Ces 12 cas couvrent les principales typologies (bureaux, hôtel, commerce, santé) avec une diversité de zones climatiques.

Pour mémoire, un audit énergétique certifié NF EN 16247 vise une précision de ±5 % avec mesures sur site. Un pré-diagnostic à ±15-25 % constitue un outil de cadrage utile mais ne se substitue pas à un audit pour l'engagement d'un investissement lourd.
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Comment lire votre rapport

Lecture du score énergétique

L'intensité énergétique (kWh/m²/an) est comparée à la fourchette du parc ADEME. Quatre positions sont possibles : below_range, in_range, above_range, far_above_range. La position détermine le potentiel d'économies attendu et conditionne la fourchette d'incertitude.

Lecture des économies

Les économies sont annoncées en fourchette, pas en valeur unique. Lire :

  • Scénario prudent (P10) : minimum plausible. Engagement de prudence : si tout se passe moins bien que prévu, vous économisez au moins ce montant.
  • Scénario attendu (P50) : valeur centrale, base de calcul du ROI publié.
  • Scénario favorable (P90) : maximum plausible avec une exécution soignée par un installateur sérieux.

Niveau de confiance

Trois niveaux de confiance sont associés au rapport :

  • Haute : les trois modèles convergent, la saisie est de qualité, le segment a beaucoup de voisins. Fourchette serrée.
  • Moyenne : un des critères dégrade la confiance (saisie estimée, segment moyennement fourni, profil un peu atypique).
  • Basse : profil rare, saisie incertaine, ou divergence inter-modèles. Fourchette élargie ; un audit terrain est explicitement recommandé.

Lecture des actions

Les actions sont triées par score de priorité (gain € pondéré ÷ capex net). Le ROI affiché est simple (sans actualisation), arrondi à 0,1 an près au-delà de 1 an. Les actions à ROI > 10 ans sont écartées sauf si elles sont structurellement requises (enveloppe sur bâti ancien soumis au Décret Tertiaire 2030).

Projection 10 ans

La courbe d'économies cumulées intègre l'inflation énergétique différenciée. Le point d'inflexion (croisement des courbes "sans travaux" et "avec travaux") matérialise le ROI global du programme. La projection est volontairement plafonnée à 10 ans pour rester cohérente avec la durée typique d'amortissement des équipements tertiaires.

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Limites et bonnes pratiques

Cas atypiques où la précision se dégrade

  • Bâtiments à activités multiples (mix bureau/commerce, restaurant avec hébergement) : la médiane sectorielle ne reflète pas correctement le profil mixte.
  • Bâti patrimonial ou monument : géométrie atypique, parois lourdes hors barème.
  • Très anciennes installations (centrale thermique, cogénération sur site) : profil hors du périmètre des 9 typologies.
  • Activités très intensives (data center, blanchisserie industrielle, cuisine centrale industrielle) : l'usage de process domine la consommation, le moteur sous-estime structurellement.
  • Climat extrême (montagne, outre-mer) : les zones H1/H2/H3 ne capturent pas tous les microclimats.

Bonnes pratiques pour fiabiliser votre saisie

  • Saisir les consommations en kWh plutôt qu'en euros si possible (pas de risque de confusion sur l'abonnement, le profil tarifaire ou la TVA).
  • Utiliser les relevés annuels exacts plutôt qu'une estimation mensuelle (les variations saisonnières sont importantes en tertiaire chauffé).
  • Renseigner l'étiquette DPE si elle est connue : elle réduit fortement l'incertitude et améliore le niveau de confiance.
  • Indiquer précisément les travaux déjà réalisés : cela évite de proposer des actions redondantes et améliore la pertinence du plan.
  • Préciser la sous-typologie (cuisine pro gaz pour un restaurant, surface hôtelière, etc.) : les sous-segments ont des médianes très différentes.
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Quand consulter un audit certifié

Le pré-diagnostic est un outil de cadrage gratuit. Il est suffisant pour décider d'engager (ou non) une étude approfondie et pour construire un cahier des charges. Un audit énergétique certifié NF EN 16247 ou ISO 50002 est nécessaire dans les cas suivants :

  1. Grande entreprise (≥ 250 ETP ou ≥ 50 M€ de chiffre d'affaires) : obligation tous les 4 ans (article L.233-1 du Code de l'énergie).
  2. Engagement d'un investissement lourd (> 50 k€) : sécuriser le dimensionnement et le ROI avec une mesure sur site.
  3. Bâtiment ≥ 1 000 m² assujetti au Décret Tertiaire : la trajectoire OPERAT requiert un suivi métrologique formel.
  4. Cession ou acquisition : un document opposable est demandé.
  5. Certification ISO 50001 ou candidature à un appel d'offres exigeant une démarche énergétique formalisée.

DiagTertiaire ne se substitue pas à cet audit dans ces cas, mais peut servir de cadrage préalable pour informer le cahier des charges du bureau d'études certifié OPQIBI 1905 ou LNE Audit Énergétique.

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Disclaimer

DiagTertiaire est un pré-diagnostic indicatif, à plus ou moins 15 à 25 % de précision selon le profil et la qualité de saisie. Il ne se substitue à aucun document réglementaire :

  • ni à un DPE bail commercial (décret 2022-1272, obligatoire dès 50 m²) ;
  • ni à un audit énergétique au sens de la norme NF EN 16247 ou ISO 50002 ;
  • ni à un calcul thermique réglementaire (méthode 3CL, TH-BCE, RT 2012, RE 2020) ;
  • ni à la déclaration annuelle OPERAT au sens du Décret Tertiaire (≥ 1 000 m²).

Les économies, capex et délais de retour sur investissement publiés sont des ordres de grandeur. Ils doivent être confirmés par un devis professionnel et, pour un investissement engagé, par un audit certifié sur site. Les aides financières mentionnées sont indicatives et leurs conditions effectives doivent être vérifiées au moment de la demande auprès des opérateurs habilités (CEE, ADEME, organismes certifiés).

Méthodologie publiée pour transparence et auditabilité. Les données chiffrées sont mises à jour à chaque révision moteur ou tarifaire majeure (CRE, ADEME, OPERAT, Base Carbone).

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