Tubes fluorescents passés en LED : environ 200 à 300 € HT par an

Dans un commerce de 100 m² chauffé par convecteurs (des radiateurs électriques), ce qui se rembourse d’abord est souvent l’éclairage. Si vos luminaires ont des tubes fluorescents, des tubes LED coûtent environ 750 € HT et font gagner 200 à 300 € HT par an : 2,5 à 4 ans de retour. Le rapport du diagnostic peut vous proposer à la place un remplacement complet des luminaires, plus cher mais qui rapporte davantage. Avant tout devis de pompe à chaleur, regardez vos luminaires.

Une pompe à chaleur (PAC) air/air est rarement la bonne première action. Elle le devient dans trois cas : vous devez aussi climatiser, vos convecteurs lâchent, ou votre chauffage dépasse environ 1 000 € HT par an.

L’éclairage coûte plus que le chauffage dans un commerce

Dans un commerce chauffé à l’électricité, l’éclairage pèse environ 32 % de la facture, le chauffage environ 28 %. C’est la répartition indicative de notre outil, non mesurée sur votre local.

Pour la chiffrer en euros, notre outil part d’un commerce non alimentaire chauffé à l’électricité, qui consomme en médiane 95 kWh par m² et par an : la moitié de ces commerces consomme moins, l’autre moitié plus. Cette médiane, calculée par notre outil, vient de 372 diagnostics de performance énergétique (DPE) établis sur factures, publiés par l’ADEME, l’agence publique de la transition écologique. Un quart de ces commerces dépasse 145 kWh : c’est le « quartile haut » des tableaux qui suivent. Le prix retenu est d’environ 0,16 € HT le kWh, hors abonnement (prix de référence de notre outil, août 2026).

Ce que coûtent l'éclairage et le chauffage d'un commerce de 100 mètres carrés chauffé par convecteurs

À la médiane de ces commerces : 9 500 kWh d'électricité par an, dont 3 055 kWh pour l'éclairage, soit environ 490 euros HT, et 2 660 kWh pour le chauffage, soit environ 430 euros HT. Au quartile haut : 14 500 kWh par an, dont 4 663 kWh pour l'éclairage, soit environ 750 euros HT, et 4 060 kWh pour le chauffage, soit environ 650 euros HT.

Dans un commerce de 100 m² en convecteurs, l'éclairage coûte plus que le chauffage

Commerce non alimentaire de 100 m², convecteurs, environ 0,16 € HT le kWh, hors abonnement

MÉDIANE QUARTILE HAUT
Électricité par an 9 500 kWh 14 500 kWh
Éclairage (32 %) par an, environ 490 € HT 750 € HT
Chauffage (28 %) par an, environ 430 € HT 650 € HT

Éclairage : environ 490 € HT par an à la médiane. Chauffage : environ 430 € HT.

Le calcul, à refaire avec vos chiffres : 100 m² x 95 kWh x 32 % x 0,16 € = 486 € HT pour l'éclairage, et x 28 % = 426 € HT pour le chauffage.

Sources : moteur Diag-Tertiaire (médiane et quartile des DPE sur factures de l'ADEME, commerces non alimentaires chauffés à l'électricité ; répartition indicative des usages ; prix de l'électricité).

Votre local peut s’en écarter : grande vitrine éclairée, plafond haut, horaires longs, porte d’entrée ouverte. Celle-ci ne coûte rien à corriger : chauffage allumé, la porte ne doit pas rester ouverte en continu, même pendant les heures d’ouverture (article R. 175-7 du code de la construction). La température à respecter est traitée dans notre page sur le chauffage à 19 °C.

Ce qui se rembourse : l’éclairage, puis les horaires

Voici, action par action, ce que calcule le moteur de notre outil pour ce commerce de 100 m², en € HT. Le rapport du diagnostic n’en affiche qu’une partie, expliquée sous le tableau. Le rapport peut afficher quelques pourcents d’écart. Les montants sont des ordres de grandeur, à confirmer par devis.

Ce qui se rembourse dans un commerce de 100 mètres carrés : coût, gain par an et délai de remboursement de quatre actions, en euros HT

Tubes LED, luminaires gardés : coût environ 750 euros, gain 200 à 300 euros par an, rentabilisé en 2,5 à 4 ans. LED et gestion de l'éclairage, tous les luminaires : coût environ 3 900 euros, gain 340 à 520 euros par an, rentabilisé en 7,5 à 11,5 ans. Horaires de chauffe réglés par un professionnel : coût environ 150 euros, gain 25 à 40 euros par an, rentabilisé en 4 à 6 ans. Pompe à chaleur air/air, prime déduite : coût environ 9 500 euros, gain 270 à 420 euros par an, rentabilisé en 23 à 35 ans.

Des tubes LED se remboursent en 2,5 à 4 ans, la pompe à chaleur en 23 à 35 ans

Commerce de 100 m², en € HT, ordres de grandeur à confirmer par devis

COÛT GAIN PAR AN RENTABILISÉ EN
Tubes LED, luminaires gardés environ 750 € 200 à 300 € 2,5 à 4 ans
LED et gestion de l'éclairage, tous les luminaires environ 3 900 € 340 à 520 € 7,5 à 11,5 ans
Horaires de chauffe réglés par un professionnel environ 150 € 25 à 40 € 4 à 6 ans
Pompe à chaleur air/air, prime déduite environ 9 500 € 270 à 420 € 23 à 35 ans

Sources : moteur Diag-Tertiaire (prix et gains des actions, conversion de la prime CEE).

Les deux lignes d’éclairage sont deux choix possibles : on fait l’une ou l’autre, et les gains ne s’additionnent pas. Changer les tubes garde vos luminaires ; tout remplacer ajoute une gestion (détection de présence, réglage selon la lumière du jour) et rapporte davantage. Le rapport du diagnostic n’en montre qu’une : le remplacement complet s’il se rembourse en moins de 12 ans, sinon les tubes. Pour le commerce médian, il affichera donc le remplacement complet (3 900 €, 11,5 ans). Si votre budget est serré, demandez aussi à un électricien le prix des tubes LED posés, pour comparer : il dépend surtout du nombre de luminaires, de l’ordre de 450 à 1 250 € HT pour 100 m². Dans chaque fourchette de gains, le premier chiffre vaut pour un commerce qui consomme comme la médiane, le second pour le quart qui consomme le plus ; pour les délais, c’est l’inverse. Pour ce quart, notre outil suppose que l’éclairage garde la même part de la facture.

Depuis le 25 février 2026, un nouveau projet de luminaires LED n’ouvre plus droit à la prime CEE (prime énergie, payée par les fournisseurs d’énergie) : la fiche qui la finançait a été supprimée. Les montants ci-dessus sont sans aide. Confiez la pose à un électricien : selon le tube, il garde ou retire une pièce de l’ancien luminaire, le ballast. La ligne des horaires suppose un professionnel ; si vous savez régler vous-même la programmation de vos convecteurs, elle ne vous coûte que votre temps.

La pompe à chaleur passe rarement en premier, sauf dans trois cas

Une pompe à chaleur air/air prend la chaleur de l’air dehors et la souffle dans le local. Pour la même chaleur, elle consomme environ 2,7 fois moins d’électricité qu’un convecteur, d’après notre outil, pour un local construit entre 1975 et 2000 (un peu moins avant, nettement plus pour un local récent, jusqu’à 3,6). Sur le commerce médian, le chauffage passerait d’environ 430 € à 160 € HT par an : une économie de 270 € HT par an, et de 420 € pour le quart des commerces qui consomment le plus. Il resterait environ 9 500 € à payer, prime CEE déduite : 23 à 35 ans de retour, hors entretien.

Ce résultat repose sur deux hypothèses de notre outil, que personne n’a mesurées en commerce. Le rendement de 2,7 : la seule grande mesure publique, de l’ADEME, porte sur des pompes air/eau en maison (2,9 en moyenne). Le prix de 8 000 à 12 000 € HT pour 100 m² : il vient d’un guide d’installateur établi pour des bureaux. Avec les hypothèses les plus favorables de notre outil (rendement de 3,6, installation à 8 000 €), le retour reste de 16 à 24 ans.

Passer au gaz ne rapporte presque rien : pour le même local, environ 380 € HT de chauffage par an au lieu de 430 €, avant un abonnement d’environ 300 € HT par an. Si vous avez déjà une chaudière, notre page sur le remplacement d’une chaudière gaz sans fermer traite ce cas.

La prime CEE vient de la fiche officielle BAT-TH-158 ; notre outil la convertit en environ 380 à 530 € pour un commerce de 100 m², selon la région. La prime doit vous être promise par écrit avant que vous signiez le devis : signé avant, vous risquez de la perdre. Dans les trois cas suivants, la pompe à chaleur se discute.

Vous devez aussi climatiser

Un climatiseur à splits réversible (une unité dehors, une ou plusieurs dans le local) est une pompe à chaleur air/air : le même appareil rafraîchit l’été et chauffe l’hiver. Si vous comptiez acheter une climatisation, la dépense est décidée pour le froid. Le chauffage qu’elle remplace rapporte alors 270 à 420 € HT par an, et il ne reste à rembourser que l’écart de prix entre une clim froid seul et une clim réversible : demandez les deux prix au devis. Si vous avez déjà une clim de ce type, vérifiez sur la télécommande si elle a un mode chauffage : vous auriez déjà une pompe à chaleur.

Vos convecteurs lâchent

Il faut alors les remplacer de toute façon. La pompe à chaleur ne coûte plus que l’écart avec des convecteurs neufs : faites chiffrer les deux.

Votre chauffage dépasse environ 1 000 € HT par an

Pour 100 m², la pompe à chaleur retire à peu près 63 % du coût du chauffage, puisqu’elle consomme 2,7 fois moins d’électricité. Pour se rembourser en 15 ans, elle doit économiser environ 630 € HT par an : votre chauffage doit donc dépasser environ 1 000 € HT par an. Notre outil ne propose une pompe à chaleur que si elle se rembourse en moins de 15 ans (12 ans pour les autres actions) : sous ce seuil, il chiffre à la place ce qui se rembourse, souvent l’éclairage. Le seuil de 1 000 € vaut pour un local construit entre 1975 et 2000 : un peu plus bas pour un local récent, un peu plus haut pour un plus ancien. Le rapport ne chiffre la pompe à chaleur que dans ce troisième cas ; si vous déclarez une climatisation, il suppose que vos splits chauffent déjà et ne la propose pas.

Dans un bail commercial, le bail dit qui paie un nouvel équipement de chauffage ; la FAQ ci-dessous détaille la règle. Avant de commander, obtenez l’accord écrit du propriétaire.

Si vous installez une pompe à chaleur, ou de nouveaux convecteurs, le code de la construction demande une régulation automatique de la température par pièce (par zone si c’est justifié), quand c’est techniquement et économiquement réalisable. L’obligation tombe si une étude montre qu’elle ne se rembourserait pas en moins de six ans. Elle pèse sur le propriétaire des appareils posés dans le local (articles L. 175-2 et R. 175-6) : demandez que le devis la prévoie. Même sans changer d’appareil, votre local doit être régulé pièce par pièce d’ici le 1er janvier 2030.

Lire votre chauffage sur deux factures

En convecteurs, le chauffage se lit sur la facture d’électricité. Il suffit de comparer un mois d’hiver à un mois sans chauffage.

  1. Prenez la facture de janvier et relevez la consommation du mois, en kWh.
  2. Prenez celle d’avril ou d’octobre, un mois où vous ne chauffez pas et ne climatisez pas.
  3. Faites la différence : c’est votre chauffage d’un mois d’hiver, à peu près.
  4. Multipliez par le nombre de mois où votre chauffage tourne.
  5. Multipliez par le prix du kWh écrit sur votre facture, ou par environ 0,16 € HT si vous ne le trouvez pas.

Ce chiffre est un ordre de grandeur haut : l’éclairage dure plus longtemps l’hiver. S’il dépasse 1 000 € HT par an pour 100 m², le troisième cas vous concerne.

À retenir
  • Dans un commerce de 100 m² en convecteurs, l'éclairage coûte environ 490 € HT par an, plus que le chauffage (430 €).
  • Des tubes LED coûtent environ 750 € HT et rapportent 200 à 300 € par an : 2,5 à 4 ans de retour.
  • La pompe à chaleur air/air passe rarement en premier, sauf si vous devez climatiser, si vos convecteurs lâchent ou si votre chauffage dépasse 1 000 € HT par an.

Ce que vous faites cette semaine

  1. Vous seul, cette semaine : regardez vos luminaires. S’ils ont des tubes fluorescents, demandez à un électricien le prix de tubes LED posés.
  2. Vous seul, avant l’hiver : comparez vos kWh de janvier à ceux d’avril ou d’octobre, et vérifiez que les horaires de chauffe suivent vos heures d’ouverture. Si des taches apparaissent dans les angles, lisez d’abord ce que dit l’humidité de votre local.
  3. Avec votre propriétaire, avant tout devis de pompe à chaleur : si vous devez climatiser, si vos convecteurs lâchent ou si votre chauffage dépasse 1 000 € HT par an, demandez son accord, relisez la clause des travaux de votre bail, et demandez la prime CEE avant de signer.

Ce que l’on ne sait pas : le rendement réel d’une pompe à chaleur air/air dans un commerce, faute de mesure publiée, et le prix de l’électricité des prochaines années.

Sources