250 kWh/m²/an = environ 210 € TTC par mois pour 100 m²
Votre DPE de local se traduit en euros avec une division et deux multiplications : ÷ 1,9 pour l’électricité s’il date de 2026 (÷ 2,3 de 2021 à 2025), puis le prix du kWh et la surface. Le chiffre du DPE (pas la lettre) ne se paie pas tel quel : il compte l’énergie produite à la source, votre facture celle de votre compteur. Ces 210 € TTC par mois, pour un local tout électrique de 100 m² à 250 kWh/m²/an, font 180 € hors TVA, abonnement à part.
Pour le gaz, ou pour un local qui a les deux énergies, on ne part pas de l’étiquette. Le même DPE donne plus bas la consommation de chaque énergie : chacune se multiplie par son propre prix.
Le DPE affiche plus de kWh que vous n’en payez : c’est une convention
Pour vous livrer 1 kWh d’électricité, il faut en produire davantage : les centrales thermiques, nucléaire compris, perdent en chaleur l’essentiel de l’énergie qu’elles transforment, et le réseau en perd encore en chemin. Pour en tenir compte, le DPE compte l’énergie dite primaire, celle d’avant la production et le transport. Il s’en sert pour classer tous les bâtiments sur une même échelle. Votre compteur, lui, mesure l’énergie finale, celle qui arrive chez vous. C’est elle qui est facturée.
Ce rapport ne mesure pas les pertes réelles de votre électricité : c’est une convention de calcul, fixée par arrêté. Sur un DPE établi depuis le 1er janvier 2026, 1 kWh acheté compte pour 1,9 kWh sur l’étiquette.
Sur 250 kWh d'étiquette, combien de kWh votre compteur facture
Pour un local tout électrique dont le DPE, établi depuis le 1er janvier 2026, affiche 250 kWh par m² et par an, le compteur en facture 132 par m². Les 118 autres sont ajoutés par la convention de calcul du DPE, pour la production et le transport : ils ne sont jamais facturés.
Sur 250 kWh d'étiquette, votre compteur en facture 132
Local tout électrique, DPE établi depuis le 1er janvier 2026, par m² et par an
250 kWh/m²/an sur l'étiquette
- 132 kWh achetés au compteur
- 118 kWh ajoutés par la convention, jamais facturés
Pour le gaz, le fioul ou le bois, la convention n’ajoute rien : 1 kWh d’étiquette vaut 1 kWh d’énergie finale (pour le gaz naturel, une conversion d’unité s’ajoute, voir plus bas). Une étiquette « électrique » et une étiquette « gaz » ne se comparent donc pas pour parler de factures : la première contient le coefficient, la seconde non. Le calcul en euros se fait en énergie finale, énergie par énergie, chacune à son prix.
Le calcul en euros, énergie par énergie
Électricité : divisez par le coefficient de la date du DPE
La date est écrite en haut du DPE. Elle donne le chiffre par lequel diviser l’étiquette :
Par quel chiffre diviser l'étiquette, selon la date du DPE
DPE établi depuis le 1er janvier 2026 : divisez l'étiquette par 1,9. DPE établi du 1er juillet 2021 au 31 décembre 2025 : divisez-la par 2,3. DPE établi avant le 1er juillet 2021 : DPE périmé, il en faut un nouveau.
La date du DPE donne le chiffre par lequel diviser l'étiquette
Depuis le 1er janvier 2026
÷ 1,9
Divisez l'étiquette par 1,9
Juillet 2021 à fin 2025
÷ 2,3
Divisez l'étiquette par 2,3
Avant le 1er juillet 2021
Périmé
DPE périmé : il en faut un nouveau
Multipliez ensuite par le prix du kWh, puis par la surface écrite sur le DPE. Pour 100 m² à 250 kWh/m²/an sur un DPE de 2026 : 250 ÷ 1,9 × 0,195 € × 100 = 2 566 €. Arrondi : 2 600 € TTC par an.
Pourquoi le chiffre change selon la date ? Parce qu’un arrêté a révisé la convention. Un DPE de 2024 comptait 2,3 kWh d’étiquette par kWh acheté, un DPE de 2026 n’en compte plus que 1,9. Le même local affiche donc un chiffre plus haut sur un DPE de 2024 que sur un DPE de 2026, pour la même facture. C’est pour cela qu’on divise toujours par le coefficient écrit à la date de son propre DPE.
Le prix retenu, 0,195 € TTC le kWh, est celui du tarif réglementé de l’électricité (le « tarif bleu »), au 1er août 2026, taxes comprises (13,18 centimes hors taxes, plus l’impôt sur l’électricité et la TVA). Ce tarif est ouvert aux professionnels de moins de 10 personnes et de 2 M€ de chiffre d’affaires au plus, jusqu’à 36 kVA, en métropole continentale. Une autre offre a son propre prix : c’est lui qu’il faut multiplier. L’abonnement s’ajoute : son montant dépend de la puissance souscrite et figure sur la facture.
Pour trois étiquettes courantes, voici le résultat en euros par mois, l’unité d’un budget d’occupant.
Coût de l'électricité d'un local tout électrique de 100 mètres carrés, selon l'étiquette d'un DPE établi depuis 2026
À 150 kWh par m² et par an : 130 euros TTC par mois, 110 euros hors TVA. À 250 : 210 et 180 euros. À 400 : 340 et 280 euros. Prix de 0,195 euro TTC le kWh, hors abonnement.
Pour 100 m², 250 kWh/m²/an coûtent 210 € TTC par mois
Local tout électrique, DPE établi depuis 2026, hors abonnement
| PAR MOIS, TTC | PAR MOIS, HORS TVA | |
|---|---|---|
| 150 kWh/m²/an 1 500 € TTC par an | 130 € | 110 € |
| 250 kWh/m²/an 2 600 € TTC par an | 210 € | 180 € |
| 400 kWh/m²/an 4 100 € TTC par an | 340 € | 280 € |
Calcul : étiquette ÷ 1,9 × 0,195 € TTC (0,162 € hors TVA) × 100 m², arrondi. Exemple pour un local type, pas une facture.
Gaz naturel : partez de la ligne du gaz, jamais de l’étiquette
Plus bas sur le DPE, une rubrique donne la consommation par énergie, en kWh d’énergie finale : une ligne pour l’électricité, une pour le gaz. Prenez celle du gaz et multipliez-la par 1,11. Le DPE compte le gaz naturel sans la chaleur de la vapeur d’eau des fumées (en kWh « PCI », pour pouvoir calorifique inférieur) ; votre facture la compte (en kWh « PCS », pour pouvoir calorifique supérieur). La méthode du DPE fixe ce passage à 1,11. Multipliez enfin par le prix du kWh de votre offre de gaz : aucun tarif réglementé n’existe pour le gaz d’un professionnel, prenez celui de l’offre reçue. Le propane et le butane, facturés au litre ou à la tonne, suivent d’autres conversions : partez alors de vos factures.
Le calcul du gaz naturel en trois étapes
Partez de la ligne du gaz du DPE, en kWh PCI. Multipliez-la par 1,11 : vous obtenez des kWh PCS, ceux de votre facture. Multipliez enfin par le prix du kWh de votre offre de gaz.
Gaz naturel : la ligne du gaz, multipliée par 1,11, puis par le prix de votre offre
1. LIGNE GAZ DU DPE
en kWh « PCI », pour pouvoir calorifique inférieur
2. × 1,11
en kWh « PCS », ceux de votre facture
3. × PRIX DE VOTRE OFFRE
le prix du kWh de votre offre de gaz
Les deux énergies : deux calculs, puis une addition
Si le local a du gaz et de l’électricité, l’étiquette additionne des kWh qui ne se paient pas au même prix. Une partie seulement porte le coefficient de l’électricité. Elle ne se convertit donc pas en euros. Calculez l’électricité sur sa ligne, le gaz sur la sienne, puis additionnez, avec les deux abonnements.
- Électricité : divisez l'étiquette par 1,9 sur un DPE établi depuis 2026, ou par 2,3 sur un DPE établi entre juillet 2021 et fin 2025.
- Gaz naturel : partez de la ligne du gaz, jamais de l'étiquette, et multipliez-la par 1,11.
- En 2027 : le DPE divisera l'électricité par 1,7. Le chiffre de l'étiquette baissera, parfois sa lettre, pas les kWh achetés ni la facture.
Où lire ces chiffres sur le DPE
Trois cases suffisent. Les voici sur un DPE de local tout électrique, avec les chiffres de cet article :
Les trois cases à lire sur le DPE d'un local tout électrique
Modèle schématique d'un DPE de local, valeurs d'exemple. Repère 1, en haut à droite : la date d'établissement, le 16 mars 2026, valable jusqu'au 15 mars 2036. Sur l'échelle de A à G, la classe D, 250 kWh par mètre carré et par an. Repère 2, en bas à droite : la consommation d'électricité, 13 000 kWh par an. Repère 3, en dessous : les frais annuels d'énergie, calculés aux prix des factures relevées de 2023 à 2025, pas aux prix d'aujourd'hui.
Pour votre budget, la date et la ligne en kWh comptent plus que la lettre.
DPE, bâtiment à usage tertiaire
Diagnostic de performance énergétique
Établi le Valable jusqu'au 15/03/2036
Étiquette énergie (kWh/m²/an)
Consommation par énergie
- Électricité
- 13 000 kWh
Frais annuels d'énergie
Prix 2023 à 2025
par an, en euros TTC, aux prix des factures relevées, pas ceux d'aujourd'hui
Modèle schématique d'après la présentation du DPE tertiaire, valeurs de cet article (100 m² tout électrique) : ce n'est pas un DPE réel.
La date, en haut. Elle dit si le DPE vaut encore et donne le coefficient de l'électricité, celui des cartes plus haut.
13 000 kWh achetés par an : partez de là. Environ 2 600 € TTC au tarif d'août 2026, abonnement en plus. Si la ligne est dite « estimée », elle ne compte que le chauffage, l'eau chaude et la climatisation : la facture sera plus haute.
Des prix d'hier. Le DPE les calcule avec les factures des trois dernières années de l'occupant précédent : refaites le calcul au prix d'aujourd'hui.
Le DPE décrit l’occupant d’avant. Une supérette avec ses meubles froids ne consomme pas comme la boutique de vêtements qui l’a précédée. Comparez donc la ligne du DPE aux factures des 12 derniers mois avant d’en tirer un budget. Les repères de consommation par activité sont dans notre article sur la consommation d’énergie au m² d’un local tertiaire.
Pour refaire le calcul avec l’étiquette d’un autre local, saisissez-la ici avec la date du DPE et la surface :
Ce que la loi impose, et ce qu’elle n’impose pas
Le DPE d’un local est obligatoire à la vente et doit être joint au bail quand il est signé, sauf dispense (articles L. 126-29 et R. 126-15 du code de la construction). Il vaut 10 ans. Ceux établis avant le 1er juillet 2021 ne sont pourtant plus valables : ceux de 2018 à juin 2021 ont expiré le 31 décembre 2024 (article D. 126-19). À ce jour, aucune étiquette n’interdit de louer un local, contrairement au logement.
L’effet de l’étiquette sur le loyer et le prix de vente se traite à part, dans notre article sur l’impact du DPE sur la valeur d’un local commercial.
Un DPE refait en 2027 changera-t-il la facture ?
Non. À partir du 1er janvier 2027, le DPE divisera l’électricité par 1,7 au lieu de 1,9 : il affichera moins de kWh pour le même compteur, et votre budget se calcule toujours sur les kWh achetés. Le détail de ces changements de coefficient est dans notre article sur le DPE d’un local commercial.
Ce que vous faites cette semaine
- Vous seul, propriétaire ou futur locataire : sur le DPE, relevez la date et la ligne de chaque énergie, en kWh. Calculez le budget de chaque énergie (gaz naturel : multipliez d’abord par 1,11), additionnez, puis divisez par 12.
- Bailleur, avec votre locataire sortant : demandez-lui ses kWh des 12 derniers mois, sur ses factures, et comparez-les à la ligne du DPE. Futur locataire, avec le propriétaire : demandez-les avant de signer.
- Bailleur, au candidat qui demande combien coûte l’énergie : répondez avec le calcul et sa réserve. Par exemple : « Le DPE indique 13 000 kWh d’électricité par an, relevés sur les factures de l’occupant précédent. Au tarif réglementé d’août 2026, cela fait environ 180 € par mois hors TVA, soit 210 € TTC, abonnement en plus. Votre activité peut changer ce chiffre. »
Ce que l’on ne sait pas : le prix de votre future offre de gaz, et la façon dont votre propre activité consommera dans ce local.
Sources
- Arrêté du 15 septembre 2006, méthode du DPE des bâtiments autres que d’habitation (texte consolidé publié par le ministère, antérieur à 2026 : il porte encore 2,3 ; les valeurs 1,9 et 1,7 viennent des arrêtés cités plus bas) : contenu du DPE (article 15, III), coefficients et conversion du gaz (annexe 3), frais annuels (annexe 5).
- Arrêté du 31 mars 2021 (NOR LOGL2107220A), coefficient de l’électricité fixé à 2,3 au 1er juillet 2021.
- Arrêté du 13 août 2025, coefficient ramené à 1,9 au 1er janvier 2026.
- Arrêté du 19 août 2026, Journal officiel du 26 août 2026, coefficient ramené à 1,7 au 1er janvier 2027.
- Article D. 126-19 du code de la construction et de l’habitation, durée de validité des DPE.
- Décision du 29 juillet 2026 (NOR ECOR2619296S), Journal officiel du 31 juillet 2026, tarifs réglementés de l’électricité des non-résidentiels au 1er août 2026, sur proposition de la CRE du 15 juillet 2026 (annexe B2).
- CRE, communiqué du 16 juillet 2026, accise de 30,62 € par MWh au 1er août 2026 jusqu’à 36 kVA.