Environ 4 200 € HT par an : l’électricité d’un restaurant de 150 m² dans la médiane de son secteur, hors abonnement
Avant de signer, comparez 12 mois de factures du cédant (le vendeur) à son secteur : l’écart peut peser environ 2 200 € HT par an, à discuter dans le prix. Cas illustratif : un restaurant de 150 m² sans aucun gaz paie environ 4 200 € HT d’électricité par an dans la médiane, hors abonnement. Au seuil du quart le plus consommateur, environ 2 200 € HT de plus.
Cet écart est un risque à vérifier, pas votre future facture : votre activité fera votre consommation. Et vous ouvrirez votre propre contrat : les factures du cédant disent sa consommation, pas le prix que vous paierez. Ce repère vaut pour une restauration légère (sandwicherie, snack) sans aucun gaz, chauffée à l’électricité ; il s’applique mal à un restaurant avec cuisine et service complets.
- Le repère : 173 kWh par m² et par an en médiane pour une restauration légère sans aucun gaz, chauffée à l'électricité, soit environ 4 200 € HT d'électricité par an pour 150 m², hors abonnement.
- L'écart : au seuil du quart le plus consommateur, environ 2 200 € HT de plus par an (cas illustratif).
- Le contrat : celui du cédant ne vous suit pas d'office ; ses factures disent sa consommation, pas votre prix.
Textes de loi lus le 2 novembre 2026 dans leur version en vigueur, cités en fin d’article.
Le quart le plus consommateur paie environ 2 200 € HT de plus
Au seuil du quart le plus consommateur de son secteur, un restaurant de 150 m² sans aucun gaz paie environ 2 200 € HT d’électricité de plus par an que la médiane. Le calcul part de cette médiane.
Exemple calculé, cas illustratif : un restaurant de 150 m², sans aucun gaz, chauffé à l’électricité, en climat moyen.
- Le repère : 173 kWh par m² et par an. C’est une médiane calculée par notre outil à partir des DPE tertiaires publiés par l’ADEME (DPE : diagnostic de performance énergétique). Elle porte sur 276 restaurants sans aucun gaz, chauffés à l’électricité, données relevées le 17 septembre 2026. L’ADEME publie les DPE, pas cette médiane.
- La consommation : 173 kWh × 150 m² = 25 950 kWh par an.
- Le prix : environ 0,16 € HT le kWh, hors abonnement (prix de référence de notre outil, août 2026).
- Le résultat : 25 950 kWh × environ 0,16 € = 4 152 €, soit environ 4 200 € HT d’électricité par an, hors abonnement.
Notre rapport affiche la facture abonnement compris : pour ce cas, environ 4 800 € HT par an, dont 558 € HT d’abonnement estimé par notre outil. Le rapport peut afficher quelques pourcents d’écart.
Un quart de ces restaurants dépassent 264 kWh par m² et par an. Pour 150 m², cela fait 91 kWh de plus par m², soit 13 650 kWh par an. Au même prix, 13 650 kWh × environ 0,16 € = 2 184 €, soit environ 2 200 € HT de plus chaque année. Sur neuf ans à consommation et prix constants, environ 20 000 € HT ; la durée restante du bail que vous reprenez est à vérifier.
Un écart ne prouve pas une faute. Une cuisine plus grande, des horaires plus longs ou une clim changent la consommation. Il dit où regarder, et il chiffre un risque à vérifier, pas votre future facture.
Pour une restauration traditionnelle, avec cuisine et service complets, notre outil retient 261 kWh par m² et par an : un repère hérité, non mesuré. Avec du gaz, celui-ci se paie en outre à un autre prix. Notre outil n’a pas de médiane mesurée pour une boulangerie : nous ne la chiffrons pas ici. Les repères des autres activités sont dans notre baromètre de consommation d’énergie du tertiaire.
Les 6 vérifications à faire avant de signer
Six pièces disent ce que l’énergie du local vous coûtera. Elles se demandent au cédant, et pour le DPE au propriétaire.
- Les factures de 12 à 24 mois. Douze mois couvrent un été et un hiver. Vingt-quatre montrent si une année était à part. Additionnez les kWh, divisez par la surface, comparez au repère du secteur. Une facture qui rattrape des mois estimés se lit à part : voyez la facture de régularisation d’électricité.
- La puissance souscrite et l’option tarifaire. La puissance de l’abonnement, en kVA (kilovoltampères), fixe une part de la facture qui ne dépend pas de vos kWh. L’option tarifaire dit si le prix du kWh change selon l’heure (base, ou heures pleines et heures creuses). Trop haute, elle se paie tous les mois. Trop juste, le compteur coupe au moment du coup de feu. Comment la vérifier : la puissance souscrite d’un local professionnel.
- Le contrat de fourniture en cours. Relevez le prix du kWh, l’échéance et le préavis. Pour une reprise, une question compte : ce contrat s’arrête-t-il, ou le fournisseur accepte-t-il de vous le transférer ? Les autres lignes à lire sont dans les dates à vérifier sur un contrat d’électricité.
- L’âge et l’état des équipements. Froid, cuisson, ventilation et chauffage : demandez leur âge, les contrats d’entretien et les dernières factures d’intervention. Le matériel fait en général partie du fonds que vous achetez, et sa panne sera la vôtre. Ce qui tient aux murs se lit dans le bail : voyez qui paie les travaux d’énergie en bail commercial.
- Le DPE du local. Il décrit l’état des murs, des fenêtres et du chauffage, avec une estimation de consommation. Demandez celui qui a été joint au bail. Ce qu’il contient : le DPE d’un local commercial.
- Le relevé des compteurs au jour de la reprise. Avec le cédant, notez les index (le chiffre affiché par chaque compteur) d’électricité et de gaz, et photographiez les compteurs. Ces chiffres séparent ses kWh des vôtres.
Ce que dit chaque pièce demandée au cédant, et ce qu'elle peut vous coûter
Factures de 12 à 24 mois : la consommation réelle, mois par mois ; sans elles, l'écart au secteur reste inconnu, environ 2 200 euros hors taxes par an dans le cas illustratif. Puissance souscrite : la part fixe de l'abonnement ; un abonnement trop cher ou des coupures. Contrat en cours : le prix, l'échéance, le préavis ; un contrat à fermer et un prix qui ne sera pas le vôtre. Équipements : l'âge, l'entretien, les pannes ; un remplacement à votre charge. DPE : l'état du bâtiment et sa date ; un DPE périmé, ou absent du bail. Relevé des compteurs : la limite entre ses kWh et les vôtres ; des kWh du cédant facturés à vous.
Chaque pièce demandée au cédant chiffre un risque que vous reprenez.
| CE QU'ELLE DIT | CE QU'ELLE PEUT VOUS COÛTER | |
|---|---|---|
| Factures de 12 à 24 mois | La consommation réelle, mois par mois | L'écart au secteur : environ 2 200 € HT par an dans le cas illustratif |
| Puissance souscrite | La part fixe de l'abonnement | Un abonnement trop cher, ou des coupures |
| Contrat en cours | Le prix, l'échéance, le préavis | Un contrat à fermer et un prix qui ne sera pas le vôtre |
| Équipements | L'âge, l'entretien, les pannes | Un remplacement à votre charge |
| DPE du local | L'état du bâtiment et sa date | Un DPE périmé, ou absent du bail |
| Relevé des compteurs | La limite entre ses kWh et les vôtres | Des kWh du cédant facturés à vous |
Cas illustratif : restaurant de 150 m² sans aucun gaz, chauffé à l'électricité, au seuil du quart le plus consommateur. Prix : environ 0,16 € HT le kWh, hors abonnement.
Repère : médiane et quartile calculés par notre outil à partir des DPE tertiaires de l'ADEME (276 restaurants, données du 17 septembre 2026).
L’acte de cession ne vous garantit aucune facture
Nous n’avons trouvé aucun texte qui oblige le cédant à remettre ses factures d’énergie lors d’une cession de fonds. L’article L. 141-2 du code de commerce prévoit un document des chiffres d’affaires mensuels, depuis la clôture du dernier exercice. Vendeur et acquéreur le visent au jour de la cession.
Pendant trois ans après votre entrée dans le fonds, le vendeur met aussi à votre disposition, si vous le demandez, les livres comptables des trois exercices précédant la vente. Les dépenses d’énergie y figurent en montants, pas en kWh, et vous les verrez après la signature. L’article L. 141-3 ajoute que le vendeur répond de l’inexactitude des énonciations de l’acte, dans l’année qui suit votre prise de possession (article L. 141-4). Les factures se demandent donc avant, par écrit.
Si le cédant ne les a pas ou refuse de les donner, estimez la facture depuis la surface ou le DPE. La méthode : les kWh/m²/an en euros. Notez aussi que la pièce manque : c’est une information sur le local. Une clause qui fait dépendre la vente de ces pièces se rédige avec l’avocat ou le notaire de la cession.
Le contrat du cédant ne devient pas le vôtre d’office
Le contrat d’électricité ou de gaz ne vous suit pas d’office avec le fonds : sa cession exige l’accord du fournisseur, parfois donné d’avance dans ses conditions générales, et un écrit (article 1216 du code civil). Le cédant le résilie, ou le fournisseur accepte de vous le transférer. Dans les deux cas, prévoyez votre propre contrat à la date de la reprise.
Le prix du cédant ne vous renseigne donc pas sur le vôtre. Il a pu signer une offre à prix fixe il y a deux ans, ou garder un tarif auquel vous n’aurez pas droit. Seuls ses kWh vous servent à chiffrer.
Votre entreprise emploie moins de 10 personnes et ne dépasse pas 2 M€ de chiffre d’affaires, de recettes ou de bilan ? Le tarif réglementé d’électricité vous est alors ouvert, à votre demande (article L. 337-7 du code de l’énergie). Le tarif bleu vise les sites dont la puissance souscrite est de 36 kVA au plus (article R. 337-18 du code de l’énergie). Pour un nouveau contrat à ce tarif, vous attestez vous-même remplir ces critères.
Côté compteur, la démarche passe par votre fournisseur, à prévenir une à deux semaines avant d’après Enedis. Avec un compteur Linky, la mise en service se fait à distance. Sans Linky, elle peut partir de l’index relevé à la résiliation du contrat de l’occupant précédent (Enedis, « J’emménage »). Le relevé fait ensemble au jour de la reprise fixe cet index.
Le DPE se demande au cédant ou au propriétaire
Le DPE d’un local doit être joint au bail quand celui-ci est conclu (article L. 126-29 du code de la construction). Il vaut dix ans. Ceux établis avant le 1er juillet 2021 ne sont pourtant plus valables (article D. 126-19).
Le texte vise la conclusion du bail. Si vous signez un nouveau bail avec le propriétaire, le DPE doit y être joint. Pour la cession d’un bail en cours, faites confirmer ce qui est dû par l’avocat ou le notaire de la cession. Demandez dans tous les cas le DPE existant, au cédant ou au propriétaire, et regardez sa date. Ce qui se passe quand il manque est détaillé dans notre article sur l’absence de DPE dans un bail commercial.
Un DPE établi sur factures reprend les consommations de l’occupant d’alors, qui n’est pas forcément le cédant. Comparez sa ligne de kWh aux factures récentes : un écart signale un changement d’activité ou d’équipement.
Ce que vous faites avant de signer
- Avant la promesse, avec le cédant : demandez par écrit 12 à 24 mois de factures, le contrat de fourniture et les contrats d’entretien. S’il ne les a pas, estimez la facture depuis la surface.
- Avant de discuter le prix, vous seul : faites un pré-diagnostic avec la surface et les factures du cédant. Vous voyez le local comparé à son secteur en kWh par m² et par an, avec les actions chiffrées. L’écart en euros, vous le calculez comme plus haut, à partir de ses kWh.
- Le jour de la reprise, avec le cédant : relevez les compteurs ensemble, gardez une photo, et ouvrez votre contrat à cette date.
Ce qu’on ne sait pas : le prix de votre futur contrat, et la façon dont votre propre activité consommera dans ce local.
Sources
- Article L. 141-2 du code de commerce, version issue de la loi n° 2016-1691 du 9 décembre 2016, lue le 2 novembre 2026 : chiffres d’affaires mensuels visés au jour de la cession, livres comptables des trois exercices précédant la vente.
- Article L. 141-3 du code de commerce, lu le 2 novembre 2026 : garantie du vendeur sur l’inexactitude de ses énonciations.
- Article L. 141-4 du code de commerce, lu le 2 novembre 2026 : délai d’un an pour agir.
- Article 1216 du code civil, lu le 2 novembre 2026 : cession d’un contrat avec l’accord du cocontractant.
- Article L. 337-7 du code de l’énergie, version issue de la loi n° 2024-330 du 11 avril 2024, lue le 2 novembre 2026 : accès des petites entreprises au tarif réglementé d’électricité.
- Article R. 337-18 du code de l’énergie, version issue du décret n° 2025-49 du 15 janvier 2025, lue le 2 novembre 2026 : tarif bleu pour une puissance souscrite de 36 kVA au plus.
- Article L. 126-29 du code de la construction et de l’habitation, version issue de la loi n° 2021-1104 du 22 août 2021, lue le 2 novembre 2026 : DPE joint au bail à sa conclusion.
- Article D. 126-19 du code de la construction et de l’habitation, lu le 2 novembre 2026 : durée de validité du DPE.
- ADEME, DPE tertiaires, données relevées le 17 septembre 2026 : médiane et quartiles de consommation des restaurants sans aucun gaz chauffés à l’électricité (276 bâtiments), calculés par notre outil.
- Enedis, « J’emménage, je souhaite souscrire un contrat d’électricité », lue le 2 novembre 2026.